La Tribune (Algiers)

Guinée: Massacre de 150 civils par les Bérets rouges à Conakry - De nouvelles sanctions s'abattent sur la junte militaire, de plus en plus isolée

Lyès Menacer

28 Octobre 2009


La pression de la communauté internationale s'accentue de plus en plus sur la junte militaire guinéenne, accusée directement d'avoir massacré 150 civils et violé des dizaines de femmes lors d'une manifestation pacifique de l'opposition dans un stade de Conakry le 28 septembre dernier.

Après la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), qui a exclu la Guinée de ses instances, c'était au tour de l'Union européenne d'imposer un embargo sur les armes à destination de ce pays. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont décrété hier des sanctions ciblées à l'encontre des membres de la junte au pouvoir, a indiqué la présidence suédoise de l'UE. Selon le texte adopté par les ministres européens à Luxemburg, l'UE a «décidé d'adopter des mesures visant les membres du CNDD [Conseil national pour la démocratie et le développement], la junte au pouvoir et les individus associés, responsables de la répression violente ou de l'impasse politique dans le pays».

Selon une source diplomatique, une liste de personnes concernées par ces mesures, qui pourraient consister en des gels d'avoirs et des interdictions de visas pour l'UE, doit être publiée d'ici jeudi au Journal officiel de l'Union européenne, rapportent les agences de presses. «Les membres de la junte y figureront, et elle comportera plus ou moins une vingtaine de noms», a précisé un diplomate européen, cité par l'AFP. L'UE a gelé son aide financière à la Guinée au lendemain même de ces douloureux évènements. A noter que la CEDEAO a imposé, elle aussi, un embargo sur les armes à l'encontre de la Guinée, une décision appuyée par les Etats-Unis, l'ONU et l'Union africaine. Celle-ci avait fixé le 17 octobre dernier comme dernier délai pour que le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, renonce à se présenter à l'élection présidentielle de janvier prochain. Ce scrutin était à l'origine de la manifestation de l'opposition le 28 septembre dernier et qui s'est terminée par un bain de sang suite à l'intervention sauvage des militaires qui ont tué 150 personnes et violé des dizaines de femmes.

Des dizaines de commerces et de maisons ont aussi fait l'objet de vols et de saccage de la part des militaires qui avait agi sur ordre de la junte, selon des ONG locales et les partis de l'opposition. Dadis Camara a été ouvertement accusé d'être l'instigateur de ce massacre mais il a continué à nier son implication. Le secrétaire général de l'Organisation des nations unies a décidé d'envoyer une commission d'enquête sur place pour déterminer les tenants et les aboutissants de cette affaire et situer les responsabilités des uns et des autres d'une centaine d'innocents.

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