Gabonews (Libreville)
Murphy Mouele
28 Octobre 2009
Le président de la Commission de l'Union Africaine, Dr Jean Ping, qui, en compagnie du Président du Parlement Panafricain (PAP), Dr Idriss Moussa Ndélé, a accordé une conférence de presse ce mardi à Midrand (Afrique du Sud) aux média, a réitéré « l'impérieuse » nécessité pour l'Union d'oeuvrer pour la création des Etats-Unis d'Afrique, susceptibles d'apporter une réponse locale aux préoccupations continentales.
POUR UNE IMPULSION INSTITUTIONNELLE
Devant un parterre de journalistes internationaux, M. Ping déplorant fermement les obstacles qui limitent l'action de son Institution, a mis en relief la non ratification, par les Etats membres, des protocoles et des traités « qu'ils ont pourtant signés ». Dans ce contexte, il a noté que la seule voie d'issue consistait au renforcement du pouvoir exécutif de l'Union, indiquant que la Commission doit tendre vers une Autorité à part entière. « Dès lors que l'on pense au renforcement de l'Exécutif, il faut également penser à un législatif qui suive et qui soit fort ( ).
Le Parlement Panafricain doit donc avoir toutes les prérogatives d'un Parlement, il doit aller dans cette direction », a-t-il souhaité, tout en se prononçant pour sa transformation rapide en organe législatif opérationnel. Interrogé sur la confusion potentielle de prérogatives qui pourraient, à terme, apparaître entre la Commission de l'UA et le PAP, le président de la Commission a rétorqué: « Dans cette configuration, le parlement pourrait nous contrôler, c'est effectif. Mais cela contribuerait grandement à la mise en oeuvre des textes signés par les Etats membres. Si au niveau local, un seul Parlement ratifie les textes, leur mise en oeuvre n'en sera que plus évidente. Mais pour l'heure, nous sommes contrôlés par les Etats ».
A ce titre, il a observé qu'au sein des parlements nationaux, les parlementaires panafricains « pourraient oeuvrer en conséquence » et faire la promotion de cette idée au niveau des Etats. Néanmoins, il a concédé les rapports distants (et essentiellement financiers) que l'UA partage avec le PAP pour l'instant. Prônant la parole à son tour, M. Idriss Moussa Ndélé, autre participant à cette conférence de presse, a expliqué de manière complémentaire que « les objectifs du Parlement sontt les mêmes que ceux de l'Union », bien que l'Institution ait encore « un rôle limité ».
PARLER D'« UNE SEULE VOIX »
Dans la matinée de mardi, lors de son allocution devant les parlementaires Africains, Jean Ping avait souligné que les 8 objectifs du PAP, (tel que définis, dans l'article 7 de son acte de constitution) rejoignaient les « quatre piliers » de l'UA qui sont « la sécurité et la paix, le développement l'intégration et la coopération, les valeurs partagés (bonne gouvernance, Droits de l'homme ).
Aussi, au cours de cette présentation du programme législatif annuel de l'institution, le président de la Commission de l'UA avait défendu farouchement la consolidation des organes législatifs et exécutifs de l'UA, que sont la Commission dont il a la charge et le PAP. S'agissant du pouvoir judicaire, se livrant à une diatribe à l'encontre de la Cour Internationale de La haye « dont les prisons sont remplies d'Africains », il a indiqué la nécessité du traitement juridique local des criminels du continent. C'est en ce sens qu'il a prôné la mise en oeuvre de la Cour Africaine de justice.
Dans cette perspective d'autonomie institutionnelle du continent, en outre, le patron de la Commission de l'UA, a souligné que ces mesures de renforcement et de créations devaient contribuer à terme à la création des Etats-Unis d'Afrique. « Prenez conscience de l'interrelation que nous avons avec vous », avait -il adressé aux parlementaires. « La voix d'un seul Etat Africain est totalement inaudible. Mais la voix de 53 Etats est impossible à ignorer. Nous ne sommes pas un problème, nous sommes un opportunité pour le reste du monde ».
Le coup d'envoi de la première session ordinaire, deuxième législature du Parlement Panafricain (PAP) a été donné lundi en Afrique du sud, en présence, notamment, du Président de la République d'Afrique du Sud, Jacob Zuma, du Président de la Commission de l'Union Africaine (UA), Dr Jean Ping, et du Président du Parlement, Dr Moussa Idriss Ndélé. Cette session prendra fin le 5 novembre prochain.
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