Michel Luka
27 Octobre 2009
Le jardin zoologique de la commune de la Gombe a connu le samedi 24 octobre 2009, une affluence inhabituelle.
Une centaine d'élèves provenant de différents instituts de la ville de Kinshasa s'y sont retrouvés en vue de célébrer la journée mondiale d'action en faveur du climat. Notamment : le collège Nakihinga de la commune de Kasa-Vubu, l'institut Salongo de la commune de Bandalungwa, l'institut Bobokoli de la commune de Ngaliema, l'institut Mamelo de la commune de Kalamu Organisée par le ministère de l'Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme (ECNT), cette journée a été marquée par deux temps forts. Le message du ministère de l'ENCT, ainsi que les réjouissances et la visite guidée de différents locataires du jardin.
Le représentant du ministre de l'ECNT, Mbumba, a rappelé que l'humanité fait face non seulement à la crise économique mondiale, mais également et surtout au réchauffement climatique. Et le choix porté sur les élèves se justifie par le fait qu'ils constituent l'avenir de la RD Congo. Par conséquent, ils ont le droit d'être informés sur le danger imminent qui guette la planète, sur cette catastrophe dévastatrice qui vient à pas de géant.
L'orateur du jour a mis en exergue le chiffre 350 Parties par milliers (PPM). Ce chiffre fait référence à la concentration du dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère tolérable pour éviter le phénomène du changement climatique. Mbumba a insisté sur l'urgence de lutter contre le changement climatique qui menace dangereusement notre planète. A titre illustratif ; le timing de la saison de pluie n'est plus respecté.
Il a indiqué que la limite 350 PPM est le seuil du niveau de dioxyde de carbone (C02) que l'atmosphère peut tolérer.
Un indicateur clé du changement climatique
Or les dernières études montrent que le taux actuel de dioxyde de carbone dans l'atmosphère s'élève à 387 PPM. Un chiffre en hausse d'environ 2 PPM chaque année.
Mbumba a relevé que l'industrialisation pollue à grande échelle l'atmosphère et influe négativement sur le réchauffement de la planète. La RD Congo regorge, à elle seule, plus de 145 millions d'hectares et que le bassin du Congo, décaisse 17 à 18 milliards de tonnes de carbone. Par ailleurs, grâce à sa riche biodiversité, elles constituent un supermarché, une pharmacie et une source d'eau importante. Ainsi donc, en protégeant ce patrimoine forestier, la République démocratique du Congo et tous les pays du Bassin du Congo jouent un rôle stratégique et déterminant dans la lutte contre le changement climatique.
Parlant de la pollution et ses conséquences néfastes sur l'environnement, Mbumba a relevé la nécessité pour le monde moderne et industriel de préserver l'environnement en luttant contre les différentes sortes de pollution (de l'air et de l'eau) qui sont à la base de plusieurs maladies comme ces dernières années. Partant du protocole de Kyoto comme de l'une des pistes de solution pour lutter contre le réchauffement climatique, Mbumba a dénoncé l'attitude négativiste des 32 pays les plus industrialisés du monde dont le plus grand pollueur demeurent les Etats-Unis avec un record de 25 % soit le ¼ de la production mondiale. Et pourtant, ils n'ont jamais signé ce protocole.
En ce qui concerne la RD Congo, il retient la déforestation et le déboisement comme sources de réchauffement climatique. Et si l'on y prend garde, d'ici 2015, la température va atteindre 50 °C. Ce qui risque d'entraîner la disparition de plusieurs Etats de la carte géographique. Lors de la conférence internationale sur le climat qui se tiendra du 7 au 18 décembre 2009, à Copenhague, au Danemark, a-t-il plaidé, les représentants africains et congolais doivent arriver à convaincre les autres participants de l'impérieuse nécessité de venir en aide aux populations de cette région des forêts du Bassin du Congo, qui vivent dans la misère et la pauvreté.
Des compensations financières
Cette catastrophe mondiale doit interpeller les grands pollueurs de sorte qu'ils mettent la main à la poche, afin de lutter efficacement contre le réchauffement climatique. « Nous avons fait un effort pour garder ces forêts. Et le fait de les garder, a-t-il souligné, c'est un effort qui doit être récompensé, puisqu'on pouvait bien les détruire ». Par conséquent la communauté internationale devrait payer un équivalent de 17 milliards de dollars américains par an aux pays en développement, en échange du service que ceux-ci rendent à l'humanité.
Dans le même ordre d'idées, les dix pays membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) ont décidé lors de leur 14ème session ordinaire, tenue le week-end dernier à Kinshasa, de présenter une position commune au sommet sur le réchauffement climatique qui se tient dans deux mois à Copenhague, au Danemark.
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