Kimp.
27 Octobre 2009
Des opérations de contrôle de l' « Assurance Automobile » sont annoncées à partir de ce dimanche 1er novembre 2009 par la Société Nationale d'Assurances (Sonas). Tout en s'inclinant devant l'instruction de l'assureur national, de nombreux souscripteurs se demandent si celui-ci ne va pas retomber dans les erreurs qui ont fait fondre, comme neige au soleil et en un temps record, ses plantureuses recettes d'exploitation de l'exercice 2008, évaluées autour de 60 millions de dollars américains.
Qui ne s'était pas réjoui d'apprendre que la Sonas, dont les caisses sonnaient creux avant l'avènement du Comité Mbonyo, était réinstallée sur un solide matelas de devises ? Qui n'était pas émerveillé par le show du « Jeudi sinistre », cette journée folle où des sinistrés, qui avaient perdu depuis des années l'espoir d'être indemnisés, étaient gratifiés de flatteuses enveloppes contenant du « cash » ?
Tout Kinshasa avait vu la Sonas faire feu de tout bois, finançant la clôture du ministère de la Justice, équipant le pavillon de chirurgie de l'Hôpital général de Référence de Kinshasa, souscrivant pour un million de dollars de logements auprès de la Rimmokin, offrant 10.000 dollars au musicien Ilo Pablo pour des soins à l'étranger, enterrant des morts extérieurs à son personnel, multipliant par trois les salaires de ses cadres et agents, etc. Pareilles libéralités, constate-t-on aujourd'hui, ne pouvaientrésister aux impondérables de la conjoncture économique, nationationale et internationale. Et puis, un beau matin, on apprenait que les salaires triplés venaient d'être mis entre parenthèses et que des arriérés de paiement s'étalaient sur plusieurs mois. La faillite non déclarée du « Jeudi sinistre » a été néanmoins actée par les observateurs. Pétillante de santé financière tout au long de l'année 2008, la Sonas s'est subitement inscrite à l'école de la disette. Redevable de plusieurs mois de salaires non payés à ses travailleurs, dispose-t-elle de ressources financières suffisantes pour faire face aux sinistres ? Il est permis d'en douter.
A-t-on tiré les leçons d'un passé encore frais dans les mémoires ? C'est la grande interrogation, en ce moment où s'annonce un nouvel épisode de recouvrement de l'Assurance Automobile. En attendant de mouvementer d'autres rubriques des « produits » comptables, il y a lieu de s'arrêter et s'interroger sur l'objet social de l'assureur national.
Dans l'entendement des souscripteurs (automobilistes, entreprises publiques, sociétés minières, organismes internationaux, élèves, étudiants, paysans, maraîchers, artistes musiciens, footballeurs, armateurs, avionneurs, entrepreneurs, électriciens ), la Sonas devrait être, à tout instant, en mesure d'intervenir pour la réparation financière en cas d'accident, d'incendie, d'invalidité physique totale ou partielle, de maladie, de pillages, de vol, de viol, de décès, etc. L'assistance aux clients sinistrés devrait être la priorité des priorités. Mais à la lumière de nouvelles alarmantes qui entourent l'état de sa trésorerie, aucun « assuré » ne peut logiquement se montrer optimiste.
Au lieu de distribuer comme la manne du ciel les 60 millions de dollars américains engrangés au cours de l'exercice 2008, les gestionnaires de la Sonas, concomitamment au « Jeudi sinistre », auraient dû songer à fructifier les mises des souscripteurs ou, à tout le moins, les placer en lieux sûrs. Le domaine des assurances étant à hauts risques, il était dangereux de gérer les recettes de la manière que l'on sait, laquelle a conduit à la passe difficile qu'elle est en train de traverser. On a semblé oublier que les ayants-droit principaux sont les clients de l'entreprise, même si le personnel a droit à une rémunération et aux avantages sociaux conséquents.
Après la malheureuse épopée de Hermann Mbonyo, l'on espère que Mme Agito, la nouvelle gestionnaire de la Sonas, va privilégier l'objet social et éviter, dans la mesure du possible, de verser dans des actions ruineuses de marketing. Les souscripteurs ont besoin d'être rassurés pour qu'à leur tour, ils reprennent confiance en leur partenaire. C'est en partie à cause de la crainte de jeter leur argent dans un gouffre sans fond que de nombreux automobilistes sont tentés d'en appeler à la fin du monopole de l'assureur national. Il n'y a pas mille moyens de les rassurer que de remettre rapidement les indicateurs financiers au « vert » et de maintenir le cap.
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