Tshieke Bukasa
27 Octobre 2009
Chasser le naturel, il revient au galop ! dit-on. Ferre Gola « Chair de poule », incontestable chanteur de talent, a appris à ses dépens la dure réalité de ce dicton le week-end dernier lors d'un concert à la Halle de la Gombe.
En effet, au cours de ce spectacle haut en couleurs produit par la direction du Centre Culturel Français, le public venu nombreux a constaté avec étonnement que le concert semi acoustique, à l'origine, a vite pris les couleurs de notre « ndombolo national ».
En clair, après avoir joué plusieurs de ses morceaux d'« anthologie » (Qui vivra verra, Au bord de l'amour, Zazou, Maboko pamba, Vinaigre, Kamasoutra, Trésor Kandolo, Biberon etc.), l'auteur de « Qui est derrière toi ? » s'est résolu, au milieu du concert, à faire un virage à 180° vers le « sèbene », partition musicale rapide, mêlée des cris des « atalaku »( animateurs) et incitant à la danse.
Invitant même ses danseuses à monter sur le podium afin d'exhiber leurs parties postérieures comme à l'accoutumée lors des concerts populaires, Ferre alias « Jésus des nuances » s'est vite fait « tancer » proprement par l'organisateur juste avant l'emballement total de la salle. Il lui a été rappelé en pleine prestation les principaux termes du contrat consistant, entre autres, à montrer tout sauf les danses « made in RD Congo ».
Bon joueur, l'ancien sociétaire de Wenge Musica Maison Mère de Werrason et de Quartier Latin de Koffi Olomide, a sportivement accepté la remarque et s'est résigné à poursuivre sur cette lancée. La vitesse de croisière ainsi ralentie, le concert a repris son tempo du départ.
Permettant subséquemment au public de savourer quelques chefs-d'oeuvres de cet ancien « Marquis de Maison Mère », joués sur fond de la rumba congolaise. Par ailleurs, en mémoire du 20ème anniversaire de la mort du « Grand-maître » Luambo Makiadi Franco, Ferre Gola « chair de poule » a surpris l'assistance en interprétant avec merveille quelques vieux tubes de l'icône de la musique congolaise.
Tour à tour, il a joué « Masu », jadis interprétée par la cantatrice Jolie Deta, « Chacun pour soi » (Likambo ya nga na papa ) et tant d'autres morceaux. Soulignons cependant que cette expression « musique acoustique », de plus en plus usitée dans le monde musical congolais, n'a pas encore délivré à ce jour tous les sens de son contenu. Selon certains praticiens de l'art d'Orphée, cette forme de mélodie n'emploie pas d'instruments électroniques modernes.
Si la musique moderne recourt de plus en plus à des moyens automatisés de production sonore, comme les synthétiseurs, les samplers, les ordinateurs, etc., la musique acoustique, au contraire, se base sur l'emploi d'instruments de musique « classiques », qui peuvent fonctionner sans électricité. Les guitares acoustiques, généralement non accompagnées, ou très légèrement, constituent un bon exemple de musique acoustique.
Quelques artistes congolais se sont révélés « mitres » en la matière. Jean Goubald Kalala, la petite Monik Tenday, Papa Wemba « Mzee » etc. On parle de « groupe acoustique », ou « unplugged », pour qualifier les groupes qui font ce type de musique.
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