28 Octobre 2009
Kinshasa — Les enjeux du sommet mondial consacré à la lutte contre le changement climatique diffèrent d'un coin à l'autre de la planète. Les voix les plus alarmistes annoncent déjà un échec.
A près de 40 jours de l'ouverture du sommet de Copenhague, «aucune proposition majeure n'a été avancée par les deux plus grands pollueurs de la planète », note l'ONU.
La Chine avec ses 21% de taux de pollution de la planète, suivie des USA avec 20% ne semblent pas disposés à changer leur comportement du jour au lendemain.
Pire, mettre la main à la poche pour financer la lutte est le cadet de leurs préoccupations. L'Union européenne participe pour 14 % des émissions mondiales des gaz à effet de serre.
La Russie et l'Inde avec respectivement 5% et 4% de taux d'émission, se classent loin devant l'ensemble de l'Afrique réunie. Aucune de ces trois puissances économiques mondiales ne voudraient porter la responsabilité d'un éventuel échec, mais le plus grand risque serait qu'elles se neutralisent mutuellement.
L'Europe pourrait se prévaloir de son avance dans les efforts de lutte contre le changement climatique, en exigeant des USA des actes palpables dans ce domaine afin de l'égaler. Les USA pourraient également s'offrir d'exiger à l'Europe de faire plus «d'autant plus que les Américains ne sont pas encore mùrs en matière de conservation de la nature ».
Pendant ce temps, l'Afrique compte se présenter à ce rendez-vous planétaire avec un agenda financier de 46 milliards de dollars américains. La décision a été prise à Addis-Abeba. L'accord final que les pollueurs du Nord se proposeraient de conclure ne serait qu'illusion. Les rencontres préparatoires l'ont démontré à tous les niveaux.
A Pozna- en Pologne, aucune avancée significative n'était enregistrée. L'Union européenne est arrivée avec «le fonds d'adaptation de 59 millions d'euros». Une goutte d'eau par rapport aux ambitions des pays victimes de la pollution opérée au Nord et en Chine. Dans ce dernier pays, d'ailleurs, les biens manufacturés à la base des émissions des gaz à effet de serre sont principalement consommés aux USA et en Europe.
L'éventuel accord à conclure à Copenhague, en remplacement du Protocole de Kyoto, serait dans le meilleur des cas porteurs de promesses d'un comportement plus responsable. D'autres promesses incluraient des engagements financiers destinés à duper les pays pauvres du Sud, notamment africains. Le financement d'une batterie de projets anesthésiants de lutte contre le changement climatique serviraient à régler le sommet au bénéfice des pollueurs.
Malgré ce tableau peu reluisant pour les pays pauvres du Sud, à quelques jours du sommet de Copenhague, l'heure est venue de prendre le président Obama aux mots. «Nous devons saisir cette occasion de faire de Copenhague une avancée significative dans la lutte mondiale contre le changement climatique», a-t-il déclaré. L'avancée réside dans la lutte contre de nouvelles émissions de gaz à effets de serre et la prise en charge financière des alternatives à de nouvelles déforestations. Procéder autrement, c'est passer à côté du véritable enjeu...
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