Ben-Clet
28 Octobre 2009
Kinshasa — La Société nationale d'électro cution - euh pardon ! d'électricité - s'apprêterait à soulever sa clientèle contre les autorités établies. D'après une source digne de foi, la SNEL-société-d'Etat aurait obtenu, pour application dès la fin du mois d'octobre finissant, un tarif suicidaire, impopulaire, en échange des services que le commun de ses clients la reconnaît techniquement incapable de fournir.
La source indique que le 1er novembre, les factures « forfaitaires » qui seront distribuées aux clients - régulièrement ou irrégulièrement ou pas du tout servis - porteront le montant de septembre dernier multiplié par 4 ou 5.
Il y a cinq mois, les factures « forfaitaires » SNEL basse tension ont été doublées, passant sans explication de FC 4000, soit 5 US dollars, à FC 9000, soit plus de dix dollars. Les clients ont fulminé. Mais ont montré leur bonne foi en payant.
L'appétit venant en mangeant, la SNEL récidive et, surtout, fait la démonstration publique de sa goinfrerie. La voilà en voie d'exiger FC 30 000, soit près de 35 dollars au lieu de dix actuels. Et ce, dans un environnement économique des plus défavorable.
La logique cartésienne - antithèse de la pseudo logique « snélienne » - admet que la SNEL gonfle ses factures mais au prorata des services rendus et du pouvoir d'achat réel des citoyens. Mais, ces paramètres là sont étrangers ici.
A quoi riment ces augmentations « sauvages » des tarifs ? Est-ce que la SNEL a amélioré la desserte, elle qui ne fournit de l'énergie électrique qu'à quelque 6% de la population congolaise ? Quel projet compte-t-elle réaliser après avoir racketté la clientèle ? Rien que pour bonifier les avantages des « fonctionnaires » en surnombre ?
La SNEL n'est pas à l'abri d'une surprise demain. Les Congolais, je le crains, pourraient se comporter, cette fois, comme en Côte d'Ivoire. Retour en arrière.
A la fin de la guerre civile, les Ivoiriens du Nord ont considéré comme une provocation la visite d'une délégation de la « SNEL ivoirienne », venue recouvrer les créances de plus de cinq ans. Leur réaction a été immédiate et spontanée : destruction des bureaux de la compagnie. C'était osé de voler de l'argent aux gens privés de l'énergie électrique durant les années noires !
Si mon information se vérifie, la SNEL complote. Ses tarifs « sauvages » vont déstabiliser Joseph Kabila, le parti présidentiel et l'alliance de la Majorité. Peut-on alors laisser le pyromane jouer avec des allumettes ?
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