Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Interdiction de vol à HBA - Blacklist de l'UE : la gestion de fréquences Kinshasa-Bruxelles au coeur du débat

St. Augustin Kinienzi

28 Octobre 2009


Kinshasa — A qui profite l'interdiction faite à Hewa Bora de ne pas survoler l'espace aérien belge ? La belge Brussels airlines est logiquement pointée du doigt !

Une controverse vient de prendre corps à la suite de la mesure qui frappe HBA. En toile de fonds, la problématique des fréquences toujours déséquilibrées entre la RDC et la Belgique.

Le Boeing 767-200 ER de la compagnie d'aviation Hewa Bora Airways est de nouveau interdit de voler en Belgique depuis le samedi 24 octobre 2009, à en croire une correspondance adressée aux responsables de la société congolaise. Stavros Papaioannou, président directeur général de HBA, l'a annoncé le lundi 26 octobre au cours d'un point de presse organisé au centre de formation du siège social de cette entreprise situé sur avenue Kabambare, au quartier Bon Marché, commune de Barumbu.

Remontant aux origines du feuilleton, M. Stavros a fait savoir que depuis février 2006, l'Union européenne a créé, à l'initiative de la Grande-Bretagne, une liste noire sur laquelle avait été inscrite la RDC. Acte qui a entraîné des conséquences humiliantes pour la crédibilité du Congo-Kinshasa présenté comme pays dangereux. Alors qu'en réalité, fait observer le PDG de HBA, « nous ne faisons pas partie des 10 pays les plus dangereux de la planète ».

Face à cet état de choses, entre 2006 et 2008, et parallèlement au projet de création d'une société dénommée « Airdc », dans laquelle devaient participer Brussels Airlines et HBA, l'Union européenne avait inscrit le Boeing 767 de HBA sur la liste B. ce qui signifie en termes clairs que HBA était autorisée à exploiter le ciel européen sous couvert de la DGAC belge (autorité de l'aviation civile belge).

En 2009, se rendant compte du manque de volonté de Brussels Airlines de finaliser le projet Airdc, HBA a décidé de reprendre ses vols sur l'Europe. Et cela s'est fait sans heurts. Mais seulement, la Belgique qui couvrait jusque-là le Boeing HBA va brutalement changé d'avis. Les responsables de HBA vont décider de louer un avion étranger des Emirats Arabes. Partenariat qui va montrer ses limites, à en croire le site internet www.rtbf.be , où il est écrit ce qui suit : «Une autre collaboration avec la compagnie émirate RAK ayant échoué le mois dernier (NDLR au mois de septembre), HBA s'est vue privée de ses Boeing 757 autorisés à opérer sur le sol européen».

L'autre possibilité qui restait à la société congolaise, c'est de trouver une société étrangère qui pouvait prendre son Boeing en lease back. La société EJS de Sao Tomé et Principe prendra donc charge du Boeing 767-200 ER, un appareil immobilisé un an auparavant à Bruxelles pour des raisons techniques (Sic). Le tout sous le couvert de l'Autorité de l'aviation civile du Sao Tomé et Principe. Ainsi, HBA a commencé son exploitation bihebdomadaire le 9 septembre sur Paris et Bruxelles et reconnaît avoir subi quatre contrôles SAFA lequel ont produit un résultat satisfaisant comme l'écrit la DGAC française et le ministre belge.

DES MENACES CONTRE SAO TOME ET PRINCIPE

L'affaire prend aujourd'hui une autre tournure au point que Sao Tomé est menacée d'être inscrit sur la liste noire de l'UE sur instigation de la Belgique, pense le PDG de HBA. Car au moment où Brussels Airlines connaît de difficultés financières certaines ayant entraîné le chômage de quelque 300 employés et les perspectives indiquent également que la société belge devait terminer l'année 2009 dans le rouge. La DGAC belge est donc venue à la rescousse de son malade en exerçant des pressions sur l'AAC STP, afin de faire suspendre à HBA la desserte européenne.

Entre-temps, une campagne de dénigrement est menée par la presse belge pour entamer l'image de la société congolaise. Après avoir résisté à la presse belge, Sao Tomé et Principe a, par voie écrite, saisi l'INAC qui a signifié à HBA la suspension de la desserte sur la Belgique. Si techniquement, aucun reproche n'ait fait à HBA, comme le mentionne le cabinet du secrétaire d'Etat à la mobilité Etienne Schoupe : «L'appareil a déjà été contrôlé plusieurs fois à Bruxelles et Paris, et il n'y avait pas de raison de bloquer l'avion au sol». Et la correspondance de poursuivre : «L'Europe va très prochainement étudier comment les compagnies aériennes de Sao Tomé doivent aussi être mises sur la liste noire». Il est donc clair dans tout ce développement, HBA est victime du harcèlement de la part de la société belge Brussels Airlines qui veut exploiter la ligne Bruxelles-Kinshasa en monopole, soutient M. Stavros Papaioannou. En clair, le feuilleton HBA devient politique attendant la réaction énergique du gouvernement congolais qui doit répondre par réciprocité.

Il faut donc craindre que HBA mette la clé sous le paillasson avec toutes les conséquences socioéconomiques qu'une telle mesure entraînerait. D'ores et déjà, les transporteurs aériens par solidarité menacent de suspendre les vols intérieurs en vue d'emmener le gouvernement à se pencher rapidement sur le dossier.

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