Li ZHENPING
28 Octobre 2009
Dans votre édition n° 5278 du 24 octobre 2009 a été publié un article écrit par l'écrivain guinéen M. Thierno Monenembo, dans lequel l'auteur a fait couler beaucoup d'encre sur l'accord de coopération minière signé récemment entre la société 'China International Fund Limited' et le gouvernement guinéen et a critiqué de façon injustifiée le gouvernement chinois de l'affairisme dans sa coopération à l'égard de l'Afrique et de ne viser que les ressources naturelles africaines. En effet, le ministère des Affaires étrangères de Chine a déjà fait un communiqué précisant qu'il s'agissait d'une société privée et que les activités de ladite société ne concernaient que l'entreprise elle-même, qui n'avait rien à avoir avec le gouvernement chinois. Cependant, l'auteur de l'article a préféré des faits non fondés aux précisions des autorités chinoises, en affirmant que cette société privée a reçu l'aval du gouvernement chinois.
Eu égard à une méprise de l'auteur sur ce sujet et à des connaissances faussées sur la coopération sino-africaine, l'ambassade de Chine au Sénégal trouve nécessaire d'apporter des éclaircissements suivants :
Premièrement, la coopération chinoise à l'égard de l'Afrique poursuit toujours le principe de la non-ingérence dans les affaires intérieures d'autrui. La Chine estime que la solution de la question guinéenne doit reposer sur le peuple guinéen et ses différentes forces politiques par voie de dialogue et de concertation. La Chine est toujours d'avis que les Africains sont capables de résoudre leurs propres problèmes. La coopération chinoise avec l'Afrique n'est pas pour soutenir telle ou telle personne au pouvoir, mais pour la promotion du développement des pays africains et du bien-être de leur peuple. Le gouvernement chinois n'utilise jamais ses assistances et coopération économiques comme un contrepoids ou outil pour influencer la situation politique d'un quelconque pays africain.
Deuxièmement, la coopération sino-africaine riche en contenu est favorable au développement des pays africains et au bonheur de ses peuples. La Chine travaille certes avec le gouvernement des pays africains dans la coopération bilatérale, mais les bénéficiaires directs de cette coopération sont les populations ordinaires africaines. Citons la coopération sino-sénégalaise comme un exemple. S'agissant tant des dons chinois de médicaments anti-paludéens, que de la construction du Grand Théâtre national, des stades et du réseau d'alimentation en électricité dit 'Boucle de Dakar', c'est toujours le peuple sénégalais qui en tire le plus de profit.
La coopération chinoise avec l'Afrique n'est pas, comme le décrivent certains médias, limitée que dans le domaine de l'exploitation des ressources naturelles. Cette coopération dépasse de loin ce secteur et concerne des domaines aussi divers que l'infrastructure, l'industrie, l'agriculture, le commerce, la culture, l'éducation, la santé, les ressources humaines. Même si la Chine participe à l'exploitation des ressources minières africaines, elle ne devrait faire l'objet d'aucune critique. La Chine, conformément aux usages internationaux et aux règles du marché, mène une coopération mutuellement bénéfique avec l'Afrique sur la base d'un prix juste et équitable suite aux négociations commerciales normales. La demande chinoise des matières premières africaines fait monter le prix de ces ressources naturelles, contribue ainsi à une augmentation des recettes nationales des pays africains et permet donc à ces derniers de mieux faire face à la crise financière internationale. Les avantages potentiels des ressources naturelles des pays africains sont ainsi transformés en réelle capacité de développement. N'est-ce pas une bonne chose pour ces pays-là ?
La Chine agit de façon ouverte et honnête sans recourir aux pratiques de force ou d'escroquerie habituellement utilisées par les colonisateurs occidentaux. Alors, pourquoi l'arrivée de la Chine en Afrique pour l'exploitation des ressources naturelles est-elle encore considérée comme un péché, mais celle des autres pays comme une chose normale ?
Troisièmement, des arguments de l'auteur ont montré qu'il manque de connaissance sur la Chine. L'auteur prétend que la Chine est un pays où les pouvoirs sont hautement centralisés et que l'acte de la société 'China International Fund Limited' doit être sous le contrôle du gouvernement chinois et recevoir l'aval de ce dernier. A l'époque actuelle marquée par la mondialisation économique, la Chine est, depuis de longues années, un pays ouvert de l'économie du marché. Si toutes les sociétés chinoises étaient contrôlées par le gouvernement, l'économie chinoise ne pourrait pas avoir un tel progrès d'aujourd'hui. Des gens ont l'habitude d'observer les choses sous une optique tendancieuse et mettre tous les maux sur le compte du système social et du régime politique de la Chine ou sur le dos de son gouvernement. Quand des événements scandaleux ont eu lieu dans des pays occidentaux, par exemple l'affaire 'Arche de Zoé' en 2007, personne ne les liait à leur gouvernement. N'est-ce pas deux poids deux mesures ?
Nous espérons que les éclaircissements ci-dessus aideront les lecteurs sénégalais à mieux connaître la vérité de l'affaire, et à mieux comprendre la Chine ainsi que la coopération sino-africaine.
Li ZHENPING Attaché de presse de l'ambassade de la République populaire de Chine au Sénégal
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