Eugène Kaly (Envoyé spécial)
28 Octobre 2009
Pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement en 2015, dans le domaine de la santé, les députés sénégalais, qui ont pris hier Addis-Abeba, à la Conférence internationale des parlementaires (Ipci) vont plaider pour que l'Etat alloue 15% de son budget national au secteur de la Santé.
Le président du Réseau des parlementaires pour la population et le développement (Rppd), El Hadji Malick Diop, conduisant une délégation de parlementaires, a annoncé que les députés sénégalais vont plaider pour que l'Etat alloue au moins 15% de son budget national d'ici 2010, au secteur de la Santé en renforçant dans l'immédiat la ligne budgétaire pour l'achat des contraceptifs.
Ce budget permettrait de préserver les acquis en matière de Planification familiale. Car, d'après la directrice internationale de la Planification familiale, Mme Gill Greer, un investissement accru sur la Planification familiale permettrait d'éviter 40% des grossesses précoces et rapprochées et d'empêcher le décès d'environ 200 millions de femmes dans le monde. Mme Greer, tout comme le député sénégalais, se sont exprimés hier à Addis-Abeba, lors de l'ouverture de la Conférence internationale des parlementaires (Ipci).L'objectif de cette conférence organisée sur initiative du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa) en collaboration avec des partenaires, est d'évaluer les plans d'actions et de fixer une ligne d'action pour les cinq prochaines années afin d'appliquer le programme d'action de la Conférence internationale sur la population et le développement (Cipd).
Lors des travaux, Mme Greer et Mme Thoroya Obaid, directrice exécutive de l'Unfpa, ont demandé aux parlementaires de plaider auprès de leurs gouvernements pour qu'ils investissent davantage dans la Planification familiale, seule arme pour sauver des milliers de femmes qui meurent chaque année en donnant la vie.Pourtant, plus de 150 millions de femmes éprouvent d'énormes besoins en Planification familiale et doivent bénéficier de contraceptifs pour éviter des grossesses à risque ou rapprochées.
Au Sénégal, l'Etat est sur cette voie, car selon le député El Hadji Malick Diop, il débloque chaque année 45 millions de francs Cfa, sans compter l'aide des partenaires pour l'achat des contraceptifs. « Mais, il peut faire mieux, s'il impose aux collectivités locales de participer au financement de la Santé qui est une compétence transférée », a-t-il indiqué.
Les parlementaires présents dans la capitale éthiopienne depuis lundi sont aussi invités par la directrice de l'Unfpa à adopter des lois protégeant les femmes, de faire la pression auprès des gouvernements pour qu'ils revoient l'âge des mariages des jeunes filles en Afrique.
Elle a aussi interpellé les parlementaires à voter des lois qui reconnaissent l'avortement comme un droit fondamental de la femme.
« Sinon, ce sont 70.000 femmes qui continueront de mourir chaque année à cause des avortements clandestins réalisés loin des structures sanitaires », a indiqué Mme Obaid.
Aujourd'hui, les députés vont s'engager à mettre la pression sur les gouvernements pour qu'ils dégagent plus de ressources durant les cinq prochaines années, afin de garantir des systèmes de santé de qualité à toutes les populations riches ou pauvres.
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