Daouda Mané (Envoyé Spécial)
28 Octobre 2009
Au-delà du bilan des progrès réalisés depuis la première rencontre qui s'est tenue en 2004 à Bamako sur la situation des enseignants contractuels, celle de 2009 ( qui se tient du 27 au 29 octobre), cherche aussi à répondre à l'exigence de réussir l'accès et la qualité à la fois.
« Une éducation de qualité n'est réalisable sans des enseignants de qualité ». Cette assertion de l'administrateur principal du programme éducation de l'Unesco auprès de l'Union africaine (Ua), Mohamed Chérif Diarra a été largement partagée par les participants à la conférence Bamako+5 sur la situation des enseignants contractuels dans nos systèmes éducatifs respectifs. Cela est d'autant plus vrai que l'Afrique, selon M. Diarra, a besoin de « 4 millions d'enseignants pour réaliser l'éducation pour tous ».
Des statistiques confirmées par le Secrétaire exécutif de l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (Adea), Ahlin Byll-Cataria, mais que Mme Assibi Napoe de l'Internationale de l'éducation (IE) (qui regroupe 30 millions de membres à travers 179 pays) considère en-deçà des besoins réels. Pour elle, il faut au continent 6 millions d'enseignants pour réaliser l'Ept en 2015. Car, a-t-elle indiqué, « sur les 20 millions d'enfants qui sont encore hors de l'école dans le monde, 50 % sont en Afrique.
Il faut 18 millions d'enseignants dans le monde dont le tiers pour l'Afrique, soit une déficit de 6 millions » puisqu'une éducation de qualité exige des enseignants bien formés initialement et de façon continue, bénéficiant de conditions de travail. Et Mme Assibi de marteler : « il est temps d'agir, d'agir maintenant », invitant les Etats à respecter leur engagement à consacrer « au moins 20 % des budgets nationaux à l'éducation ». Malgré tout, a signalé la représentante de l'IE, des « progrès sensibles ont été réalisés par nos Etats dans l'amélioration des conditions de travail de ce corps d'enseignants ».
De l'avis du ministre malien de l'Education, de l'Alphabétisation et des Langues nationales, Salikou Sanago, pour cerner les aspects liés à la contractualisation, il faut tenir compte de l'environnement socioéconomique, réfléchir sur le niveau et modalités de recrutement, la qualification professionnelle (formation), la gestion des carrières, maintenir le dialogue social, etc.
Car, nos pays ont une « lourde exigence : celle de réussir une éducation pour tous et de qualité à la fois », a fait remarquer M. Sanago. Ce qui ne semble pas une mince affaire dans un contexte dominé aujourd'hui par la crise financière mais surtout du fait que « 70 % en moyenne des budgets africains de l'éducation au sud du Sahara vont dans les salaires des enseignants », a signalé Mme Gabrielle Bonnet de la Task Force sur les enseignants pour l'Ept. Cette conférence réunit des participants venus de 22 pays.
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