Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Une visite porteuse d'espoir

La visite annoncée du président Idriss Deby Itno ce jour à Yaoundé vient enrichir la coopération déjà riche, multiforme et intense entre deux pays et deux peuples unis par l'histoire et la géographie.

Le Tchad et le Cameroun partagent, en effet, une frontière commune longue de plus de 800 km. Bien plus, les frontières artificielles héritées de la colonisation n'ont pu constituer un obstacle rédhibitoire au brassage des populations de part et d'autre des cours d'eau, monts et vaux qui bordent le territoire respectif des deux Etats.

Ainsi, une partie de la région camerounaise de l'Extrême Nord se confond en quelque sorte, aux plans démographique et culturel, avec le sud du Tchad. Particulièrement dans la fameuse zone du « bec du canard ». Au point que Kousseri, le chef-lieu du département du Diamaré, se présente, toutes proportions gardées, comme une ville jumelle de N'Djamena la capitale tchadienne. A certains riverains du Logone, il suffit de quelques brassées d'eau, une poignée de minutes de nage pour passer d'un territoire à l'autre

Cette proximité physique s'est traduite sur le plan diplomatique par des relations de mutuelle compréhension, de solidarité agissante entre les dirigeants des deux pays. Aussi bien au niveaubilatéral qu'à celui de la sous-région. Ici, la concertation est de règle, permanente et suivie. Un ciel sans nuage. Ce qui a permis notamment de conduire il y a quelques années le colossal projet de l'oléoduc Doba-Kribi pour l'exploitation des ressources pétrolières du Tchad à travers le territoire camerounais. Dans l'intérêt bien compris des populations des deux pays frères.

Réformes

Même symbiose dans le cadre de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) qui regroupe six Etats de la sous-région. Dont les dirigeants sont plus que soucieux, à la faveur des réformes hardies ces dernières années, de renforcer l'intégration de cette partie du continent. Par le truchement d'une meilleure circulation des hommes et des biens. Des axes routiers structurants participent notamment de cette volonté réaffirmée d'aller de l'avant. En d'autres termes, il s'agit de réaliser un saut qualitatif pour rattraper le retard induit par la marche hésitante des décennies antérieures.

Au moment où le président Idriss Deby Itno vient de se voir confier à Kinshasa la présidence tournante de la CEEAC (Communauté économique des Etats de l'Afrique Centrale), il est permis de penser qu'au-delà de l'axe Yaoundé-N'Djamena, les échanges entre les deux chefs d'Etat porteront sur l'impulsion à donner à cet ensemble d'une dizaine de pays. Avec, probablement en bonne place, les répercussions de la récession économique internationale qui a mis à mal l'économie réelle des nations défavorisées dans le sillage des plus puissantes.

Toutefois, l'essentiel des échanges entre les présidents Biya et Deby portera sans conteste sur l'évolution de la CEMAC dont certaines institutions connaissent quelques turbulences depuis peu. A l'instar de la BEAC dont le gouverneur, Philibert Andzembe a été récemment rappelé pour être remplacé par les nouvelles autorités gabonaises. On sait que l'organisation est en quête de nouveaux équilibres suite au décès en juin dernier du président Omar Bongo Ondimba dont le pays, le Gabon est, avec le Cameroun, l'un des membres fondateurs de l'UDEAC, l'ancêtre de la CEMAC.

Dans ce contexte, la visite du chef de l'Etat Tchadien ce jour à Yaoundé et les entretiens avec son hôte, le président Paul Biya, revêtent un intérêt tout particulier pour le devenir commun des peuples tchadien et camerounais, mais aussi d'une sous-région d'Afrique Centrale dont le potentiel économique et l'importance géostratégique autorisent les plus grands espoirs.


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