Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sénégal: Violences faites aux femmes - L'ampleur s'explique par la "prédominance de la coutume sur la loi"

29 Octobre 2009


Tambacounda — L'ampleur grandissante des formes de violence exercées sur les femmes s'explique en partie par la prédominance de la coutume sur la loi, a déclaré mercredi à Tambacounda, la présidente régionale de l'Association des femmes de l'Afrique de l'Ouest (AFAO).

Faisant constater le fait que "les violences connaissent un développement exponentiel, malgré les campagnes de sensibilisation", Mariam Dabo a soutenu que "beaucoup de cas passent sous silence à cause de la discrétion imposée par les familles".

Il s'agit des cas d'inceste, de harcèlement, de violences, physiques, etc., a dit la responsable de l'AFAO, qui est aussi membre du Comité local de lutte contre les violences faites aux femmes (CLVF).

Elle présentait "la situation des violences faites aux femmes et aux filles dans la région" lors d'un forum regroupant les représentante des associations féminines de la région.

Pour esquisser le profil des auteurs de ces violences, elle a relevé qu'il s'agit "pour la plupart" des maris et des hommes de tous âges qui "exercent un ascendant sur leur victime".

En conséquence, "il n'est pas aisé de démasquer ces personnes qui "se cachent sous des apparences trompeuses : un voisin, un parent proche, un homme riche", a-t-elle ajouté.

Concernant particulièrement la région de Tambacounda, elle a énuméré des causes telles que la pauvreté, la "prolifération des campements et gîtes touristiques qui encouragent les situations de débauche".

La "méconnaissance des lois qui protègent les victimes", ainsi que l'impunité, liée au fait que "les cas de violence sont peu ou pas du tout réprimés", selon elle, favorisent également la situation.

Du fait de la non-dénonciation des auteurs, ils "continuent à commettre leurs forfaits", a-t-elle noté.

Dans la même dynamique, Oumou Sakho, présidente du Comité local de lutte contre les violences faites aux femmes (CLVF) a, en marge du forum, relevé que "des fois, les femmes ont peur d'aller jusqu'au bout, vu le poids de la tradition".

Elle a promis que la sensibilisation sera poursuivie pour amener les victimes à "poursuivre leur logique jusqu'au bout" dans les cas de plainte, précisant que parfois, c'est "par méconnaissance" qu'elles se rétractent. "S'il faut faire deux déclarations, vraiment, c'est aberrant", a-t-elle déploré.

Les conséquences de ce phénomène son d'ordre physique (blessures, douleurs, handicap, grossesses non désirées, IST), psychologique (crise de confiance, traumatismes, rejet de l'acte sexuel) et social. Ce dernier aspect peut se traduire par l'abandon scolaire, les problèmes de santé de la reproduction, les difficultés de productions des biens et services, "ce qui conduit à la pauvreté".

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