Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Evaluation des besoins post-inondations - Pour amoindrir les effets et éviter les désastres

Ibrahima Diallo

29 Octobre 2009


Le gouvernement du Sénégal, avec l'appui de la Banque mondiale et des partenaires techniques et financiers procède à une "évaluation des besoins post-inondations" depuis hier mercredi 28 octobre. Cet atelier de deux jours vise à trouver des solutions durables contre les inondations.

"Les inondations, on ne peut pas les éviter". Mais on peut "amoindrir les effets et éviter de tels désastres (ceux de 2009-ndlr) les années futures". C'est la conviction de Bouri Jean Victor Sanhouidi, le Coordinateur du Système des Nations Unies (Snu) au Sénégal. Il l'a dévoilé hier, mercredi 28 octobre, à l'ouverture d'un atelier "d'évaluation des besoins post-inondations" de 48 heures à l'initiative des gouvernements avec l'appui de la Banque mondiale et des partenaires techniques et financiers.

Seulement, pour en arriver là, il faut des données fiables sur les catastrophes en vue de fixer les priorités. C'est à ce niveau que se situe le handicap. "Le handicap, c'est qu'on n'a pas de données fiables sur l'ampleur des dégâts pour évaluer les besoins. Cette mission d'évaluation permet de faire le point dans l'organisation, les plans Orsec déclenchés, ce qui a marché et ce qui n'a pas marché et de situer les responsabilités de chacun.

C'est seulement après qu'on deviendra efficace" conseille le Coordonnateur du Snu. Et, dans cette recherche de solution, "l'action des communautés ne doit pas être négligée. Que chacun se sente concerné", prévient-il avant de préciser que les agences des Nations Unies ont appuyé le plan Orsec en biens matériels et médicaux. Mais, au-delà de cet appui, il s'agit de "réfléchir ensemble avec le gouvernement pour trouver des solutions durables" pour éviter de courir d'années en années derrière des motopompes pour évacuer les eaux.

C'est pourquoi, note Mme Françoise Perrot, la Chargée des opérations principales de la Banque mondiale, à la demande du gouvernement, la Bm, conjointement avec les Nations Unies et la Commission européenne, a proposé de mener cette évaluation conjointe des besoins. Trois objectifs sont définis pour cette mission à savoir "évaluer les dommages et les pertes dues aux inondations et estimer l'impact global sur le développement socio-économique", "identifier les priorités pour la réhabilitation", et "appuyer le gouvernement dans le développement d'une stratégie à long terme pour la réduction des risques d'inondations et la mitigation des impacts".

Selon Mme F. Perrot, "cette évaluation devrait guider le gouvernement et la communauté des bailleurs de fonds pour cibler les investissements de réhabilitation, de reconstruction et de prévention des inondations. Elle devrait permettre de renforcer la coordination des partenaires techniques et financiers et d'accélérer la mobilité des ressources".

D'ailleurs, ajoute la Chargé des opérations principales de la Banque mondiale, une formation aux méthodes d'évaluation sera dispensée pour faire en sorte que les partenaires du gouvernement s'approprient les outils d'évaluation et renforcent ainsi leurs capacités. Et de rappeler que son institution financière a contribué au plan Orsec pour une valeur de 3,5 millions de dollars à travers le Projet de développement local participatif.

Cheikhou Cissé, le secrétaire général du ministère de l'Intérieur, conscient qu'une "catastrophe peu annihiler les efforts de plusieurs années", exhorte les participants à cette mission (d'évaluation) à "consacrer le temps nécessaire à la finalisation de cette évaluation sans laquelle aucune action durable ne peut être entreprise". Mieux, le représentant du Ministre d'Etat ministre de l'Intérieur M. Cissé espère que la méthode d'Evaluation des pertes et dommages (DALA en anglais) en usage dans plusieurs pays, "permettra de disposer d'un document scientifique" évaluant rigoureusement les pertes enregistrées lors des inondations.

Et dans ce diagnostic avant la recherche de solutions efficaces et durables pour l'éradication des inondations qui surgissent chaque année, avec à la clé des dégâts énormes, Cheikhou Cissé en appelle au "financement des partenaires pour ne plus s'attaquer aux effets, mais aux causes".

C'est la première fois qu'une évaluation scientifique des conséquences des inondations est faite. Après cet atelier qui prend fin aujourd'hui, des visites sont prévues sur le terrain.

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