Fasozine (Ouagadougou)
Morin Yamongbé
28 Octobre 2009
Les lendemains sont dangereusement incertains pour la Guinée, un mois après les tueries et viols du 28 septembre 2009 qui ont fait pas moins de 200 morts et plus d'un millier de blessés. Depuis lors, la communauté internationale a élevé le ton et les populations guinéennes, sous la houlette de forces vives, se sont engagées à chasser Moussa Dadis Camara du pouvoir qu'il a arraché par la force et qu'il exerce dans la violence.
Le peuple, dans sa frange qui n'est pas instrumentalisée par le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, ne lâche guère prise dans son entreprise visiblement irréversible de régler ses comptes au capitaine putschiste. Mais, ce dernier, en plein collimateur de la Cour pénale internationale (CPI), s'est lancé dans un surarmement sans limite. Pire, la confiance n'étant plus la chose la mieux partagée au camp Alpha Yaya Diallo de Conakry, le chef de la junte au pouvoir, selon notre confrère Ouest France, s'est attaché les services de mercenaires blancs sud-africains qui ont fait la preuve de leur férocité dans plusieurs pays africains.
C'est dans cette atmosphère où la psychose règne en maître que les opposants, traqués sont contraints de prendre la fuite, pour sauver leurs têtes mises à prix par le shérif du CNDD. Faut-il, comme certains, craindre des purges ethniques en Guinée? On n'en est pas loin. Du reste, des sources font de plus en plus état d'attaques ethniquement ciblées dans les viols et tueries du 28 septembre dernier.
Et cette chasse aux sorcières se poursuit, au grand dam de la cohésion sociale guinéenne qui a toujours résisté aux vents de la haine violente, malgré des frictions qui n'ont jamais pris des proportions dramatiques. C'est fort de tous ces risques de dérapages, surtout que le capitaine du navire dit ne pas contrôler l'armée, que des pays occidentaux comme la France ont demandé à leurs ressortissants de quitter la Guinée.
Les dernières mesures prises par l'Union européenne à l'encontre des «membres du CNDD et les individus associés responsables de la répression violente ou de l'impasse politique dans le pays» vont-elles calmer la folie meurtrière dans le Fouta? Rien n'est moins sûr, toute cette pression de l'intérieur comme de la communauté internationale, ayant finalement le don de plutôt radicaliser Dadis et ses lieutenants. Surtout qu'une liste des damnés de l'UE pourrait être publiée ce 29 octobre. Une chose est certaine, les nuits blanches ne seront pas de mise qu'à Conakry, mais aussi à Ouagadougou où, Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne, se triture les méninges pour désamorcer la poudrière sur laquelle dorment d'un oeil, les Guinéens, toutes tendances confondues.
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