Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
28 Octobre 2009
Tambacounda — Une étude commanditée par la coopération allemande (GTZ) identifie les facteurs qui constituent des "entraves" à l'investissement domestique de la diaspora sénégalaise en Allemagne, empêchant ainsi le Sénégal de bénéficier pleinement des retombées de ses émigrés dans ce pays européen.
"Les conditions politiques, institutionnelles et sociales (structures sociales qui favorisent les modes de vie propices au gaspillage) sont des entraves à une plus grande propension de la diaspora sénégalaise à investir", indique l'enquête publiée en 2007.
"Il est donc dommage que les Sénégalais apprennent beaucoup de choses en Allemagne, mais n'investissent pas au Sénégal par peur ou méfiance vis-à-vis de la politique sénégalaise", ajoute la même source.
Cette étude devait servir de base à la coopération que la GTZ avait prévu de mener avec les associations de migrants sénégalais dans le cadre d'un programme pilote de promotion qu'elle avait lancé en mai 2007 et qui se proposait de cofinancer des investissements dans les "mesures et infrastructures sociales".
A cela s'ajoute la "crainte de contracter un emprunt à un moment où la monnaie pourrait être dévaluée, le faible pouvoir d'achat qui est défavorable aux investissements au Sénégal ainsi que l'inquiétude de voir l'État s'approprier les projets de la diaspora pour sa propre politique", poursuit Malick Faye, l'auteur de l'étude.
"Un autre problème réside dans le fait que les activités économiques de la diaspora pour la plupart ne consistent pas en investissements dans l'agriculture, qui pourrait assurer une certaine autosuffisance du pays, mais se concentrent sur l'importation de voitures d'occasion ou d'appareils électroniques, qui engendre des problèmes écologiques".
L'enquête souligne le "manque d'assistance de l'État sénégalais" et ajoute que "de nombreux Sénégalais ne s'intéressent pas au développement général du pays, mais seulement au bien-être de leurs familles". Dans l'avant-propos, il est précisé que "les idées et opinions qui sont présentées dans cette étude ne constituent pas les prises de position de la GTZ".
L'analyse des entretiens avec des présidents d'organisations ou d'associations sénégalaises en Allemagne et de particuliers, montre que "la diaspora sénégalaise en Allemagne est active au Sénégal dans le domaine économique et social".
"Par les investissements consentis dans différents secteurs (domaine de la formation et de la santé et diverses activités socioéconomiques), cette diaspora mérite d'être considérée comme un acteur fiable du développement", recommande le travail de recherche.
D'après l'étude, "si, autrefois, les Sénégalais résidant en Allemagne pensaient avant tout à soutenir leurs familles au Sénégal, ils s'impliquent désormais plus largement dans la vie socioéconomique de leurs régions d'origine et remplacent même l'État dans certains domaines stratégiques pour le développement".
Dans ses recommandations, l'auteur de l'enquête relève que "le Sénégal pourrait profiter du savoir-faire dont dispose la diaspora si le transfert de connaissances s'intensifiait entre l'Allemagne et Sénégal". Pour ce faire, "le gouvernement devrait mener une politique qui permette aux Sénégalais bien formés en Allemagne d'utiliser leurs connaissances et leurs compétences dans leur pays d'origine".
Ce qui amène l'enquêteur, à soutenir que "la réponse à la question de ce qui peut être fait est d'ordre politique : il faudrait créer un climat qui incite la diaspora sénégalaise à consentir de gros investissements". La création de co-entreprises à l'initiative d'entreprises allemandes, pourrait aussi permettre aux Sénégalais formés en Allemagne de travailler dans leur pays.
Il est aussi suggéré que les représentations diplomatiques fournissent "davantage d'informations et de conseil" à la diaspora sénégalaise. En ce qui concernent les Sénégalais résidant en Allemagne, ils devraient former des "structures efficaces (associations, ONG, entreprises) pour être des partenaires crédibles dans le cadre de projets de développement".
L'autre recommandation est que les associations et entreprises déjà actives dans le domaine du développement à Berlin, Bonn, Brême, Francfort, Hanovre, Heidelberg, Rüsselsheim, Munich, etc., "se regroupent au sein de méta-organisations (confédérations, organes de lobbying) et échangent leurs informations et leurs expériences".
Une "meilleure intégration de la diaspora sénégalaise en Allemagne est également nécessaire", poursuit l'enquête. Les organisations sénégalaises devraient bénéficier de conseil et d'accompagnement dans leurs projets, car "la plupart d'entre elles ont du mal à établir des contacts avec des organismes internationaux d'aide au développement, des sponsors importants et des organisations partenaires".
Enfin, "pour que les deux pays, Sénégal et Allemagne, profitent du renforcement de la diaspora sénégalaise, il conviendrait de multiplier les contacts au Sénégal aux niveaux local, communal et institutionnel, ajoute le texte".
L'enquête réalisée avant la visite en Allemagne du chef de l'Etat Abdoulaye Wade pour améliorer les relations bilatérales avec ce pays, note que les échanges économiques entre les deux pays ne sont pas très développés.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Agence de Presse Sénégalaise. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.