Le Soleil (Dakar)

Afrique: Energie électrique en Afrique - Vers un plan d'action quinquennal

Seydou Ka

29 Octobre 2009


Pour dégager une vision prospective du secteur énergétique, l'Union des producteurs, transporteurs et distributeurs d'énergie électrique en Afrique (Updea) organise un atelier technique et scientifique depuis trois jours à Dakar. L'objectif est de définir un plan d'action stratégique quinquennal afin d'anticiper sur les problèmes.

Pour faire face à un environnement marqué par la crise énergétique et l'émergence de nouveaux acteurs dans le marché de l'énergie, l'Union des Producteurs, Transporteurs et Distributeurs d'Energie électrique en Afrique (Updea) dont la Senelec est membre fondateur- organise, depuis trois jours, un atelier technique et scientifique à Dakar pour faire un diagnostic de la situation énergétique au sein de ses pays membres. Cette rencontre résulte de la décision prise par l'Assemblée générale de l'Updea tenue à Abuja en novembre 2008 ainsi que celle de Tanger, la même année, visant à élaborer un plan d'action stratégique quinquennal. Selon Tella Abel Didier, secrétaire général de l'Updea, l'objectif de cet atelier est de réfléchir sur l'élaboration d'un plan d'action stratégique pour améliorer l'offre des sociétés membres.

En effet, avec une situation caractérisée par une faible consommation énergétique par habitant, des taux de couverture électrique bas, une instabilité dans la fourniture de courant électrique dans les villes et les campagnes, des coûts de production et des tarifs élevés, une absence de financement de l'appareil de production et un approvisionnement en combustible précaire dans la plupart des pays africains, l'Updea a sans doute besoin de réadapter son action. Sa mission restant inchangée. Les réflexions devront également permettre de définir les modalités de partenariat avec les nouveaux acteurs dans le marché de l'énergie que sont les producteurs d'énergies renouvelables, explique M. Didier. A l'issue des travaux, les différentes propositions seront entérinées lors d'une réunion à Adis Abeba (Ethiopie) en novembre prochain avant d'être soumises aux sociétés concernées pour leur application. Ce qui servira de plan d'action pour les cinq ans à venir.

De manière à « anticiper sur l'avenir et accompagner les sociétés d'électricité à mieux appréhender les difficultés du secteur », comme s'en est réjouit Seydina Kane, directeur général de la Senelec qui a pris part à l'ouverture des travaux, mardi. Présidant cette séance, le ministre de l'Energie, M. Samuel Amète Sarr a déploré la « situation préoccupante » dans laquelle se trouve le secteur de l'électricité dans nos pays et a réitéré l'importance de la coopération énergétique en Afrique. C'est pourquoi, dit-il, cet atelier donne à l'Updea l'occasion de faire un diagnostic « sans complaisance » des questions cruciales qui freinent la coopération énergétique et l'exploitation des ressources énergétiques en Afrique.

De fait, face au paradoxe de l'Afrique avec un potentiel énergétique énorme (hydroélectrique, bio massique, solaire, éolien, géothermique) et une faiblesse de l'offre, le ministre de l'Energie estime qu'une coopération accrue entre pays africains « va favoriser une offre d'électricité diversifiée, compétitive et durable et accélérer le développement des marchés régionaux d'échanges d'énergie et la mise en place de mécanismes de financements dédiés ».

La taille des systèmes électriques nationaux étant trop réduite pour attirer massivement l'investissement privé. Citant en exemple la réussite du projet d'aménagement hydroélectrique de Manantali réalisé dans le cadre de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs) en 2002, Samuel Sarr annonce d'autres projets de diversification de la production énergétique avec l'avènement des ouvrages de deuxième et troisième génération (barrages de Félou, Gouina, Gourbassi, Koutoutamba et Boureya, totalisant une puissance de 670 Mw). Pour le barrage de Félou, le marché d'un coût de 60 milliards de Fcfa pour 60 Mw a été attribué. La pose de la première pierre est prévue le 30 octobre 2009 pour une mise en service en 2013. D'autres projets similaires sont prévus sur le fleuve Gambie dans le cadre de l'Omvg. C'est clair, l'avenir appartient aux énergies alternatives ou renouvelables !

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2009 Le Soleil. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Sénégal

Rubriques