Ama Dieng
29 Octobre 2009
Les bonnes intentions du ministre délégué chargé des Organisations paysannes et de la syndicalisation des agriculteurs n'ont pas empêché les cultivateurs de Louga de montrer en plein jour leurs divergences. Il a fallu un discours dissuasif du ministre pour calmer les ardeurs guerrières des uns et des autres.
L'Etat veut en finir avec le désordre qui règne dans les rangs des cultivateurs, surtout parmi ceux qui s'activent dans la filière arachidière. Et pour cela, seule la mise sur pied d'un syndicat, riche de sa diversité et de sa représentativité pourrait amener le gouvernement à poser les jalons d'une agriculture moderne. C'est le voeu exprimé par le ministre délégué chargé des Organisations paysannes et de la Syndicalisation des agriculteurs, Khadim Guèye, venu à Louga, mardi pour un Cdd spécial. M. Guèye, entouré des autorités préfectorales de Louga, a beaucoup insisté sur la nécessité pour les cultivateurs d'aller dans le sens d'une meilleure organisation syndicale fortement représentée par toutes les filières.
Car, selon lui, c'est seulement à ce titre qu'il sera possible pour l'Etat d'appuyer le crédit agricole pour le renforcement de son capital financier ou, tout au moins, mettre en place une véritable banque pour les agriculteurs. Un appel entendu, d'après le ministre, par les producteurs de coton et même ceux de tomate qui, grâce à leur bonne organisation, commencent à attirer les partenaires au développement. Ce qui n'est pas encore le cas pour les 'arachidiers' qui ne peuvent pas encore obtenir leurs subventions de plusieurs milliards (10 milliards de l'Union européenne), faute d'une fédération forte et unie. C'est pourquoi, rappelle M. Guèye, il leur (les agriculteurs) est demandé de se 'dépêcher' dans l'implantation des structures locales et départementales avant le 15 décembre prochain pour arriver à la mise sur pied d'une grande fédération nationale des producteurs d'arachides, qui devra désormais être l'interlocutrice de l'Etat.
Mais, devant la difficulté de trouver un consensus sur la représentativité des uns et des autres, un comité de 30 membres a été proposé au ministre. A charge pour ce comité de trouver les voies et moyens d'arriver à la mise sur pied d'une fédération départementale. Ce qui ne sera pas facile, vu les antagonismes qui se sont posés dans la grande salle du Conseil régional où avait lieu la rencontre. En effet, les agriculteurs ont montré devant le ministre leurs différends fortement marqués par des querelles de leadership.
Aucun paysan n'a voulu céder une parcelle de pouvoir à son collègue. Ce qui a fini par créer un grand désordre dans la salle. Il a fallu que le ministre leur explique que le comité de 30 membres proposé n'aura aucun pouvoir d'influence sur la mise sur pied de la fédération pour que les esprits se calment. Ce qui a permis au ministre de leur rappeler qu'ils doivent se dépêcher 'pour suivre la voie ouverte par leurs collègues évoluant dans le secteur du coton tout comme ceux de la fédération des producteurs de tomate de Dagana qui vont signer un contrat avec le syndicat et la société d'assurance agréée par l'Etat et garante devant la banque'. Et s'ils ne parviennent pas à s'entendre, ils courent le risque 'de perdre l'enveloppe de 10 milliards de l'Union européenne du fait de leur inorganisation et de la difficulté de se doter d'une fédération puissante susceptible de défendre leurs intérêts, de gérer les questions d'équipements, de semences, d'engrais, d'unités industrielles, de magasins de stockage, etc.', dira M. Guèye.
A rappeler qu'à l'issue du montage des fédérations, un bureau national sera mis en place et qui se chargera de défendre les intérêts des paysans.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.