Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Pêcheurs guet-ndariens arrêtés - Les occupants du Chang Jin 307 plaident la cause du Kwanhil retenu à Bissau

Gabriel Barbier

29 Octobre 2009


Tous les pêcheurs guet-ndariens arrêtés en Guinée-Bissau ne sont pas rentrés au bercail. Le Kwanhil et ses quarante pirogues étant toujours retenus par les autorités bissau-guinéennes pour non-paiement de l'amende infligée à leurs propriétaires, certains de ces pêcheurs sont restés sur place de leur plein gré pour préserver leur matériel. Et c'est pour eux et leur outil de travail que se préoccupent les occupants du Chang Jin 307.

Le bateau-ramasseur Chang Jin 307 est de retour à Saint-Louis ainsi que ses passagers retenus en Guinée-Bissau contre leur gré pendant des jours. A quelques kilomètres de la berge, 'le colosse des mers' mouille à nouveau aux larges du grand bleu. Cependant, les pêcheurs guet-ndariens n'affichent pas le sourire. L'autre navire, le Kwanhil, arraisonné au même moment que le Chang Jin 307 en Guinée-Bissau, y est toujours en cale sèche. Il lui reste à payer l'amende obligatoire pour se tirer d'affaire après des jours d'immobilisation.

A l'heure actuelle, en plus du Chang Jin, les 40 pirogues qu'il transportait, sont aussi à quai, à Saint-Louis. Revenus dans la Langue de barbarie, après s'être acquitté d'une amende de 95 millions de francs Cfa, 'dont les 85 pour le bateau et 10 millions pour les pirogues', les occupants du Chang Jin prennent fait et cause pour le Kwanhil. A les en croire, 'vu que l'amende que les autorités bissau-guinéennes leur ont infligée, est sensiblement plus importante que la nôtre, nous invitons les pouvoirs publics à leur venir en aide'. Relayant le cri du coeur des membres de l'équipage, le responsable du Chang Jin 'souhaite le retour au bercail du Kwanhil, des 40 pirogues qui y sont à bord et des quelques pêcheurs restés sur place pour préserver le matériel'.

Abdou Karim Fall alias 'Boye Nar' note, au demeurant, que 'l'activité pêche que nous menons ici, à Saint-Louis, avec l'apport précieux des bateaux-ramasseurs, est d'une importance économique non négligable. Chaque année, nous faisons entrer, à Saint-Louis, près de 4 milliards de francs Cfa'. Autre précision : lui et ses camarades ne sont pas des hors-la-loi.

Les 40 licences de pêche décernées par la Guinée-Bissau aux pirogues en bandoulière, nos interlocuteurs ont précisé qu'ils étaient 'en règle au moment des faits. Des garde-côtes armés sont venus nous appréhender, nuitamment, alors que nous avions largué nos amarres dans les eaux de Guinée-Bissau. A ce propos, nous réclamons une audience avec le ministre de la Pêche pour une séance d'explication. Il est question de lever les zones d'ombre pour éviter que ne se reproduisent pareils malheureux évènements'.

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