Le Messager (Douala)
Salomon Kankili
29 Octobre 2009
« Dis-moi, qu'est-ce qui s'est passé. Tu pouvais m'appeler, dis-moi qui t'a fais ça. Tu pouvais m'appeler » (traduction littérale de la langue Béti).
Au coeur d'une foule surchauffée, une mère éplorée et inconsolable essaie vainement de réanimer sa fille étendue à même le sol humide. Mbanga Ze de son vrai nom était inscrite aux cours du soir Adam en classe de 3ème.
La pauvre revenait probablement d'une soirée de classe dans la nuit du 27 octobre 2009 quand le drame s'est produit. La découverte macabre a eu lieu dès les premières heures de la matinée d'après. Sauvagement bastonnée puis étranglée à l'aide de son foulard (triplement noué à son cou), la défunte est abandonnée nue à la merci des insectes derrière la gare ferroviaire de Ngaoundéré.
Outre ses dessous en lambeau (soutien-gorge et slip descendu au niveau du genou droit) des traces de viol sont visibles: divers écorchures sur les cuisses et le long du coté droit. D'après les conclusions de Saidou Yaya, infirmier chargé d'examiner la dépouille mortelle, « son cou a été cassé et son front présente des lésions ». Comme quoi, le meurtre de « Fatou » aurait été orchestré par plusieurs individus. Ces derniers se sont évanouis dans la nature, emportant avec eux son sac à main. « Elle n'avait pas son portable avec elle. Il est à la maison », a confié une proche de « Fatou ». De plus, il ressort des témoignages qu'elle a été aperçue le jour de son agression vers 16 h. Son absence au domicile familial n'a suscité aucun doute. Les cours du soir Adam s'étendent sur l'espace horaire 18h-22h.
Un crime de trop
« On va vivre où dans cette ville pourrie. Aujourd'hui c'est des voyous qui arrachent votre sac et vous poignardent. Demain telle femme est égorgée à son domicile. C'est quoi même. Trop c'est déjà trop », s'exclame une habitante du quartier Djalingo. C'est dire qu'il ne se passe plus une nuit à Ngaoundéré sans qu'un cas d'insécurité ne soit décrié. Après Mme Fru (une dame originaire du Nord-Ouest froidement égorgé au quartier Honaref) et une inconnue retrouvée morte au lac Transcam, voici le cas Mbanga Ze. C'est à se demander si les agresseurs de Ngaoundéré n'en veulent qu'à la gent féminine.
Comment expliquer la recrudescence du phénomène en dépit des patrouilles des forces de l'ordre? Toujours est-il que, l'avènement de l'Esir à Ngaoundéré promis par Emmanuel Edou, demeure très attendu. D'ici-là, une enquête est ouverte par les éléments de la police judiciaire de Ngaoundéré pour rattraper les meurtriers de la jeune « Fatou » arrachée à la vie à la fleur de l'âge.
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