Alain Tchakounte
29 Octobre 2009
La plupart des établissements financiers disent vouloir venir en aide aux ménages en octroyant des crédits à tout va. Pourtant, gare à l'asphyxie.
Hervé B. a déjà contracté un crédit auprès d'une banque de la place dans laquelle il se fait virer son salaire, au moyen d'un compte-chèque. Le crédit en question, environ deux millions de Fcfa lui a permis de s'acheter une voiture. Le crédit contracté en juin 2008 devrait être épongé en 2011. Aujourd'hui, d'autres projets se bousculent dans sa tête : acheter un lopin de terre, se marier, équiper sa maison. Des idées de crédit en même temps. Au calcul, il lui faudra reprendre un autre crédit, et voir sa dette être épongée finalement en 2015. La démarche est risquée et fastidieuse, avec le risque de jouir de son salaire.
Nombreux sont aujourd'hui les particuliers, clients de banques qui font systématiquement recours aux crédits pour des investissements précis. Que ce soit pour la préparation de la rentrée scolaire, ou pour les fêtes de fin d'année, le crédit est disponible. Le plus connu est le crédit scolaire, que toutes les banques et micro-finances s'emploient à appliquer presque toujours dans la période précédant la rentrée scolaire. Avec des taux d'intérêt que l'on annonce à grands renforts de publicité, déviant toute concurrence. Campagnes de communication et de publicité alléchantes, tout y passe, afin d'avoir le maximum de clients. On n'hésite même pas à baisser les taux d'intérêt, le temps d'une campagne .
Pour une responsable d'une entreprise de micro-finance de la place, le montage d'un dossier de crédit dépend de la somme demandée. Quelqu'un qui prend 20 millions n'a pas le même taux d'intérêt que celui qui prend 200.000 Fcfa. Pour les salariés qui se font virer leurs revenus, en général, sont exigés : une attestation de virement irrévocable, délivrée par l'employeur, un extrait de sa fiche de paie des trois ou quatre derniers mois, une assurance, une demande Pour d'autres, qui veulent un crédit plus consistant, l'établissement se charge de suivre les traces de l'argent. « Par exemple, si quelqu'un veut construire, on vient voir sur le terrain. On peut demander comme garantie, un titre foncier. Vous construisez, et dès que vous finissez, on vous remet le titre foncier. » Précaution vaine ? Pas vraiment.
Il arrive en effet que des clients ayant contracté des crédits peinent à rembourser. Les cellules juridiques sont-là pour ce travail. « Nous portons plainte, et on s'assure par tous les moyens légaux que l'argent sera remboursé », confie notre interlocutrice. Parfois, une fois la dette remboursée, le contractant ne parvient pas à payer les intérêts. La magnanimité peut alors intervenir. « Nous sommes-là pour aider les gens, notamment les plus pauvres. Nos conditions sont plus faciles et plus flexibles, alors que dans les grandes banques, il faut beaucoup plus de garanties. Dès que vous avez un compte chez nous, le chef d'agence vous donne toutes les conditions. En général, il faut attendre deux semaines environ, pour entrer en possession de l'argent. »
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