Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
29 Octobre 2009
Dakar — Le directeur du Complexe culturel Léopold Sédar Senghor, Baba Ndiaye, a plaidé pour la réhabilitation des "foyers dormants" de la banlieue dakaroise, afin de réussir une prise en charge de la "forte demande" et faciliter l'accès des populations à la culture.
"Il y a des foyers dormants à Pikine et même ailleurs dans la banlieue. Ce sont des infrastructures culturelles qui nécessitent d'être réhabilitées, équipées et mises à la disposition des acteurs culturels", a indiqué M. Ndiaye dans un entretien exclusif avec l'APS.
Il a cité à ce propos le foyer Fodé Doussouba, deux autres à Mbao et Thiaroye. "Leur réhabilitation permettrait de prendre en charge la forte demande en infrastructures que nous enregistrons ici au complexe", estime Baba Ndiaye. "Cela permettrait aussi de faciliter aux populations l'accès à la culture à travers des infrastructures de proximité", a-t-il ajouté.
Le Complexe culturel Léopold Sédar Senghor de Pikine est devenu au fil des années le principal cadre d'expression du potentiel artistique de la banlieue dakaroise en la matière.
"La première difficulté c'est l'importance de l'effectif des jeunes qui s'activent dans le domaine des arts et de la culture. Ça crée des problèmes d'organisation et de leadership", explique Baba Ndiaye.
Selon lui, il y a aussi des problèmes liés à la subvention, à la formation, des problèmes d'équipement spécifique pour des secteurs que le maire de Pikine, Pape Sagna Mbaye, est "prêt" à prendre en charge.
A la tête du complexe depuis 2003, M. Ndiaye affirme que "la structuration continue", suscitant des ambitions. "Le nouveau maire de Pikine a une disponibilité pour l'action culturelle. Il a démarré par des subventions substantielles. Il envisage d'équiper le complexe de manière adéquate", a-t-il indiqué.
Après sa mise en place, se souvient le directeur, le Complexe culturel avait été "détourné" de sa vocation d'accompagnement et d'encadrement des acteurs culturels et de facilitation d'accès des populations à la culture.
"Dès sa création, c'est l'administration de la mairie de Pikine qui a occupé le complexe, les artistes n'y avaient plus accès", explique Baba Ndiaye, conseiller technique culturel du maire de Pikine.
Il a rappelé qu'en 2000, "une vague s'est développée pour réclamer la restitution du complexe aux ayants-droit. Avec l'appui d'Amadou Tidiane Wone, ancien ministre de la Culture, les artistes ont repris le complexe".
Baba Ndiaye dit qu'après sa nomination au poste de directeur du complexe, il a procédé, avec ses collaborateurs, à une identification du potentiel artistique de la banlieue.
"Avant, les manifestations (expositions, concerts, etc.) se déroulaient hors de la commune de Pikine. Nous avons commencé à installer les plasticiens, puis mis en place des structures pour la musique (deux studios), des espaces de danse, de théâtre, etc." indique-t-il.
Après l'identification, poursuit-il, il s'agissait de structurer les différents corps d'artistes : le mouvement Hip-hop s'est structuré autour d'Africultururban, une Association des ballets et rythmes de Pikine et un réseau des troupes de théâtre de Pikine, qui s'est étendu à Guédiawaye, Thiaroye, Yeumbeul, ont été créés.
Selon Baba Ndiaye, les artistes ont eu "beaucoup d'échanges" avec des artistes venus de France, de Suisse, de Belgique, du Canada. L'ambassade des Etats-Unis est intervenue dans le domaine de la lecture en renforçant la bibliothèque du complexe, qui compte environ 11.000 livres
S'ajoutent à cela des programmes des renforcement des capacités des acteurs culturels pour leur permettre d'avoir une compréhension de l'environnement culturel, la participation d'acteurs culturels de la banlieue à des manifestations comme la Biennale d'art africain contemporain, le Festival national des arts et cultures, etc.
"Il y a un volet +coopération+ avec les ambassades des Etats-Unis, d'Allemagne, d'Israël, du Japon. Les programmes qui sont nés de ce volet ont permis la participation à de grands événements dans le pays", a relevé Baba Ndiaye.
Au titre des activités, la Galerie du complexe a organisé plusieurs expositions nationales et internationales, des expositions thématiques sur les inondations, l'émigration clandestine, des programmes d'embellissement de la ville avec l'ambassade d'Allemagne, l'Organisation des migrations internationales, des échanges avec des artistes israéliens.
Estimant qu'on ne peut pas s'occuper que de culture, le directeur du complexe a dit qu'il y a aussi un volet social.
"Nous avons ouvert le complexe aux associations d'intérêt social et éducatif", a indiqué Baba Ndiaye, citant l'Association des handicapés de Pikine, Synergie Banlieue qui s'active dans la sensibilisation contre les infections sexuellement transmissibles (IST), des associations d'étudiants qui accompagnent l'administration du complexe dans l'animation culturelle.
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