Charles Ouedraogo
29 Octobre 2009
Le ministère de la Santé, en collaboration avec la Banque islamique de développement (BID) et d'autres partenaires, mène la VIe campagne de lutte contre la cécité évitable, communément appelée cataracte, du 25 au 31 octobre 2009 à Saaba dans la banlieue de Ouagadougou.
Ahmed Berthé, représentant de la BID, a indiqué que sa structure et d'autres partenaires entendent renforcer leurs actions contre la cataracte. Les malades de la cataracte ont tout fait pour être au rendez-vous de la chirurgie.
Le Centre médical de Saaba dans la banlieue de Ouagadougou connaît un regain d'activités du 25 au 31 octobre 2009. Qui à vélo, qui à mobylette ou en taxi, beaucoup de personnes s'y sont rendues. La raison de cet engouement est que le ministère de la Santé, notamment le Centre national de lutte contre la cécité, en collaboration avec la Banque islamique de développement (BID) et d'autres partenaires, y mène une campagne gratuite de lutte contre la cécité évitable en Afrique subsaharienne.
Ainsi, ce sont plus de 400 malades souffrant de la cataracte qui seront soignés par une équipe tunisienne de l'ONG Nadi Al Bassar, aidée par des médecins et infirmiers burkinabè. Lassina Diakité fait partie des 400 heureux choisis pour subir l'opération de la cataracte. Assis sur une chaise métallique dans le couloir où attendent les malades, il ne cache pas sa joie de pouvoir bénéficier de cette intervention. "Cela fait 7 ans que j'attends ce jour. J'ai essayé de me soigner mais on a dit que la cataracte ne peut guérir que grâce à une intervention chirurgicale. Comptable de formation, je ne pouvais pas donner le meilleur de moi, surtout à l'heure des technologies de l'information" a indiqué M. Diakité, visiblement ravi de retrouver toutes ses facultés pour bien travailler.
Emile Ouédraogo a déjà subi son opération et s'apprête à regagner son domicile. Bien qu'ayant un oeil couvert par une compresse et du sparadraps, il ne s'en réjouit pas moins, très sûr de recouvrer la vue.
Selon le Dr Ousmane Sanfo, responsable du Centre national de lutte contre la cécité, c'est depuis 2005 que le ministère de la Santé, en partenariat avec la BID et l'ONG tunisienne Nadi Al Bassar et d'autres partenaires mène des campagnes gratuites de lutte contre la cataracte. Trois campagnes ont été organisées au siège de la croix rouge à Somgandé à Ouagadougou et les trois dernières campagnes dont celle qui se déroule à Saaba. La campagne consiste alors à un dépistage des cas de cataracte suivi de l'intervention chirurgicale. "Depuis 2005, toutes les campagnes ont été gratuites. Nous pensons poursuivre ainsi avec l'appui des partenaires", a affirmé Dr Sanfo. Il définit la cataracte comme étant une opacification du cristallin.
Elle se traduit par une baisse de la vue, de façon progressive ou brutale. Peut-on en guérir complètement ? M. Ousmane Sanfo note qu'avec les nouvelles technologies, l'espoir est permis. "Quand on dit cataracte, la solution c'est la chirurgie", relève Dr Sanfo. Avec les nouvelles techniques, la vue peut être récupérée à 100%. "Cette campagne permettra à tout patient opéré de bénéficier d'un implant artificiel pour l'amener à recouvrer la vue", a laissé entendre Dr Sanfo. Le représentant de la BID, Ahmed Berthé a souligné que sa structure participe activement à la lutte contre la cécité évitable en Afrique subsaharienne depuis 2003.
"Ainsi, à ce jour, la BID a permis à plus de 30 000 personnes de bénéficier de soins oculaires gratuits et à plus de 9 100 personnes de recouvrer la vue dans 7 pays africains, notamment le Burkina Faso. Dans le cas du Burkina, plus de 2 098 personnes ont pu recouvrer la vue, suite à des chirurgies de cataracte", a insisté M. Berthé. Pour lui, les succès des campagnes de chirurgie de la cataracte et les demandes croissantes des pays membres ont conduit la Banque à repenser ses interventions dans le domaine ophtalmologique et, par conséquent, à formuler un programme régional intitulé "Alliance pour lutter contre la cécité évitable", lancé en 2008.
Ainsi, à travers son initiative, la BID envisage de forger un partenariat regroupant plusieurs acteurs au développement, à savoir les ministères de la Santé, les ONG et les bailleurs de fonds.
"Ce partenariat a pour objectif de contribuer à l'élimination de la principale cause de cécité en Afrique subsaharienne : la cataracte qui peut être traitée de façon simple et rentable par chirurgie", a dit M. Berthé.
Dans tous les cas, la mise en oeuvre de ce partenariat, de l'avis de M. Berthé, atténuera non seulement la souffrance de plus de 50 000 personnes aveugles par cataracte mais permettra également la mise en place d'un personnel spécialisé en ophtalmologie, de façon adéquate dans 8 pays concernés par "l'Alliance pour lutter contre la cécité évitable".
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