Lazare Kolyang
29 Octobre 2009
Réunis hier à Douala, ils suggèrent que Philibert Andzembé retrouve son poste jusqu'au sommet de la Cemac de novembre.
Le ministre camerounais des Finances, Essimi Menye, président du conseil des ministres des Finances de l'union monétaire de l'Afrique centrale (Umac) l'a déclaré de façon laconique. Au sortir d'une rencontre tenue hier, 28 octobre à l'antenne de la Beac à Douala, il a indiqué à la presse que le conseil des ministres des Finances de la Cemac a pris acte du rappel à Libreville, le 19 octobre dernier, par le président du Gabon, Ali Ben Bongo, du désormais ex gouverneur de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (Beac), Philibert Andzembe, rattrapé par des scandales de gestion (placement hasardeux à la Générale ayant occasionné la perte de près de 16 milliards à la Beac et détournement d'au moins 19 milliards de francs Cfa au Bureau extérieur de Paris). Il a laissé toutefois entendre que le conseil des ministres souhaite que son remplacement se fasse dans des brefs délais.
Mais en attendant, a-t-on appris de bonnes sources, le conseil des ministres de l'Umac, pour des raisons de nécessité de service, a souhaité que Philibert Andzembe rejoigne son poste à Yaoundé, jusqu'à son remplacement effectif lors de la conférence des chefs d'Etat de la Cemac prévue en novembre prochain à Bangui, en Centrafrique, en marge du sommet de la Cemac. Les ministres des Finances de l'Umac ont cependant suggéré que pour la liquidation des affaires courantes durant la période transitoire, la signature de Philibert Andzembe soit accompagnée par celle d'un autre membre du gouvernement de la banque centrale. En plus de cette actualité encore brûlante, les ministres ont planché sur le rapport d'un audit commis pour comprendre les dépenses opérées par le Bureau extérieur de paris (Bep). Dans sa déclaration, Essimi Menye a aussi précisé que les ministres des six Etats membres de la Cemac se sont intéressés à l'utilisation des Droits de tirages spéciaux (Dts) accordées par le Fmi le 28 août dernier.
La rencontre des ministres des Finances, qui constitue en réalité l'instance hiérarchique directe des autorités des la Beac, était en effet très attendue depuis la décision du président gabonais de rappeler son compatriote en vue de son remplacement au poste de gouverneur de la banque centrale. Cette attente a été renforcée par un air de suspicion d'un bras de fer que voulait entreprendre Philibert Andzembe qui a été aperçu lundi dernier lors d'un conseil d'administration ordinaire de la Beac. Sa présence à ces assises avait alors provoqué au sein de l'opinion une controverse sur un prétendu bras de fer qui se manifestait ainsi avec l'auteur de la décision, à savoir le chef de l'Etat du Gabon. Les tenants de cette hypothèse estimaient que bien que la décision finale de limogeage revient aux chefs d'Etats de la Cemac réunis en conférence, selon l'esprit des accords de Fort Lamy, c'est au président du Gabon que revient en effet le pouvoir de désigner le candidat de ce pays au poste de gouverneur.
Et comme nous l'indiquions déjà hier dans ces colonnes, Philibert Andzembe a coupé court à cette rumeur, indiquant qu'il était venu dire ses adieux aux administrateurs. Un passage qui n'a pas été aussi bref comme prévu, puisqu'il a été demandé d'apporter quelques éclairages aux administrateurs sur certains dossiers soumis à l'examen. Après cette réunion des ministres des Finances de la Cemac, Essimi Menye va procéder ce matin, 29 octobre, à l'ouverture des travaux de l'atelier régional organisé par la Commission de surveillance du marché financier d'Afrique centrale (Cosumaf) sur le développement du marché financier de la zone Cemac.
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