Kinshasa — La cour d'appel de Paris a refusé, hier jeudi 29 octobre, l'ouverture d'une enquête sur l'affaire dite des «biens mal acquis», concernant le patrimoine en France des présidents du Gabon, du Congo et de Guinée équatoriale et leur entourage, a fait savoir l'AFP citant une source judiciaire.
La cour d'appel a jugé irrecevable la plainte de l'ONG Transparence International, spécialisée dans la lutte contre la corruption, déposée en décembre 2008, selon cette source et un des avocats de l'affaire.
Transparence International (TI) a aussitôt annoncé dans un communiqué son intention de se pourvoir en cassation contre cette décision. La plainte déposée par l'ONG visait les conditions d'acquisition d'un important patrimoine immobilier et mobilier en France par trois chefs d'Etat africains - Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang Nguema de Guinée équatoriale et le défunt chef d'Etat gabonais Omar Bongo Ondimda, et certains de leurs proches.
Une juge du pôle financier de Paris avait donné en mai son feu vert à l'ouverture d'une enquête mais le parquet avait fait appel de la décision, estimant que le plaignant n'avait juridiquement pas d'intérêt à agir.
D'après l'ONG, le patrimoine immobilier des trois chefs d'Etat en France s'élèverait à 160 millions d'euros. Le clan Bongo possèderait à lui seul une trentaine de luxueux appartements ou maisons.
Dans un communiqué commun, TI France et Sherpa, un réseau international de juristes basé à Paris, jugent «regrettable» la décision de la cour d'appel car «il ne fait aucun doute que les patrimoines identifiés (...) n'ont pu être constitués grâce aux seuls salaires et émoluments des chefs d'Etats visés, au sujet desquels il existe de sérieuses présomptions de détournements de fonds publics».
Comme on peut le constater, la décision de la cour d'appel de Paris constitue tant soit peu un réconfort pour les chefs d'Etats africains éclaboussés dans l'affaire dite de biens mal acquis.

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