Cameroon Tribune (Yaoundé)

Tchad: Idriss Deby Itno - « Je repars entièrement satisfait »

Propos recueillis par Ndzinga Amougou

30 Octobre 2009


interview

Hier à l'aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, peu avant de s'envoler pour son pays, le chef de l'Etat tchadien Idriss Deby Itno a fait le bilan de sa visite de 48 h au Cameroun

M. le président, que retenir de votre séjour au Cameroun ?

Je voudrais d'abord exprimer ma grande joie d'avoir eu cette occasion d'être au Cameroun, d'avoir échangé avec mon frère, le président Paul Biya. Je voudrais aussi saisir cette opportunité pour saluer chaleureusement, et remercier du fond du coeur, mes frères et soeurs du Cameroun, le gouvernement, le président Paul Biya lui-même, pour l'accueil fraternel et chaleureux qui nous a été réservé depuis notre arrivée ici. MM. les journalistes, comme vous le savez, le Cameroun et le Tchad partagent depuis longtemps une longue frontière et des relations les meilleures.

Au niveau de nos frontières, comme vous le savez, il y a des situations communes, de part et d'autre. Je voudrais citer un exemple d'intégration régionale, le pipeline Tchad-Cameroun qui, après 800 Km à l'intérieur du territoire camerounais débouche sur Kribi ; je citerai aussi comme exemple d'intégration, la route Moundou- Toubourou. Nos échanges s'étendent aussi dans le domaine de l'énergie notamment avec le barrage de Lagdo, cet élément essentiel pour le développement au Tchad

Avec le président Paul Biya, nous avons d'abord eu des échanges sur la coopération bilatérale. Nous avons pris tout le temps d'entrer dans les détails. Il ne nous reste plus qu'à renforcer cette coopération afin qu'il y ait une base solide de fraternité et d'amitié entre nos deux pays et nos deux peuples.

Cependant, au niveau de la sous-région, s'agissant de l'intégration, nous enregistrons tout de même un certain retard par rapport aux autres sous- régions du continent. C'est-là où je pense qu'il est important, à mes yeux, d'aborder la question avec le président Paul Biya pour qu'ensemble nous puissions examiner les moyens à mettre en oeuvre pour aller vers une intégration de la CEMAC, voire de la CEAC.

Voilà en gros les questions importantes que nous avons traitées, et je vous assure que je repars très satisfait et même entièrement satisfait des échanges que j'ai eus avec mon frère Paul Biya. Je ne manquerai pas de continuer ces contacts physiques qui sont absolument nécessaires pour l'avenir de notre sous- région et celui de nos deux peuples.

M. le président, avez-vous abordé la question de la BEAC? Quelles attentes par rapport à la situation actuelle ?

Nous avons abordé toutes les questions. Aucune n'est restée taboue. Il y aura un sommet bientôt à Bangui sur cette question, un sommet extraordinaire. Nous allons aborder cette question qui est une question extrêmement grave. Elle va être clarifiée et les filles et fils de la CEMAC sauront exactement ce qui est arrivé à leur institution. C'est un scandale dangereux, voire grossier ; mais nous ne laisserons pas du tout, quoi qu'il arrive, des doutes subsister sur le traitement de ce dossier ; et ça se ferra dans la transparence. Le monde saura ce qui est arrivé à la BEAC. C'est quand même notre maison commune. Nous nous retrouverons d'ici un mois à Bangui et alors vous saurez tout.

En tant que président en exercice de la CEEAC, quelles actions entendez-vous mener pour l'intégration de la sous-région ?

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La CEEAC fait partie des cinq régions d'intégration au niveau africain. Il a toujours été recommandé de renforcer les organisations sous-régionales au niveau africain avant d'aller vers une plus grande intégration. Certains pensent que nous avons pris du retard par rapport aux autres sous-régions ; personnellement, je ne le crois pas. Dans la CEEAC, prenez pays par pays. A part le Cameroun peut être et le Gabon, tous les pays membres ont connu au moins une situation de crise lors des 10 dernières années. Cette situation a annulé tous les efforts que nous voulions faire pour aller vers une plus grande intégration. il nous faut donc réaliser les objectifs qui étaient arrêtés au départ. Maintenant, on espère qu'avec la situation nouvelle, même s'il y a encore des cas de déstabilisation et des foyers de tension, avec l'apport de tous les frères chefs d'Etat membres, nous pourrons réaliser nos objectifs qui consistent à rattraper le retard accumulé et aller vers notre intégration . Ainsi, tous les citoyens de la sous région de la CEEAC seront finalement comme tous les autres. Et ils pourront alors se tourner vers le développement, vers le bien-être social.

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