Rousseau - Joël Foute
30 Octobre 2009
L'organe de sécurité de la SADC était attendu hier à Harare pour renouer le fil du dialogue entre le président et son Premier ministre issu de l'opposition.
En mars 2008, le camp du président Robert Mugabe est défait aux élections générales. Ce qui plonge le pays dans une crise politique profonde. A l'issue des négociations, un accord de partage du pouvoir est signé en septembre 2008. Au point qu'en février 2009, les observateurs pensaient qu'avec la mise en place du gouvernement d'ouverture en vertu de l'accord, le parti au pouvoir, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF) du président Robert Mugabe, et son ancienne opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) du Premier ministre Morgan Tsvangirai, allaient s'unir pour sortir le pays du marasme. Mais c'était sans compter avec les pièges de la cohabitation.
Car le gouvernement d'union a connu plusieurs accrocs depuis sa mise en place, même s'il a continué de fonctionner bon an mal an. Seulement, le climat politique s'est considérablement détérioré, il y a quelques jours. Les deux principales forces politiques du pays ont à nouveau déterré la hache de guerre. Le 16 octobre dernier, Morgan Tsvangirai a annoncé qu'il suspendait toute relation avec son partenaire, jugé "indigne de confiance". Le Premier ministre du Zimbabwe prend ses distances avec le camp présidentiel en raison entre autres de l'affaire Roy Bennett aujourd'hui libéré sous caution. Les ennuis judiciaires de ce proche du Premier ministre -il est le trésorier du MDC - accusé de « terrorisme et corruption » - des charges jugées sans fondement par le parti de Morgan Tsvangirai - ont contribué à envenimer l'atmosphère encore alourdie par la perquisition « musclée » de la police au siège du MDC. Dans un environnement global où ce parti accuse la Zanu-PF de ne pas respecter l'accord de partage du pouvoir signé entre les deux camps en septembre 2008, notamment en ce qui concerne la nomination de hauts responsables ou le contrôle des organes de sécurité. L'ancienne opposition, qui reproche aussi au camp présidentiel de poursuivre la répression contre ses partisans, a demandé l'intervention de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), garante de l'accord de partage du pouvoir.
Mardi dernier, le Premier ministre a de nouveau boycotté un Conseil des ministres, au lendemain d'une réunion avec le président Robert Mugabe qui a échoué à résoudre leurs différends. "Nous n'avons pas participé au Conseil des ministres et ne le ferons pas tant que les questions en suspens ne seront pas résolues", a déclaré Nelson Chamisa, porte-parole du MDC. Le pays souffre de cette confrontation, car les efforts visant à relancer l'économie et régler les problèmes urgents dans les secteurs de la santé, de l'éducation et de l'agriculture sont gelés. Le gouvernement d'union est censé diriger la rédaction d'une nouvelle constitution, mais ce processus est actuellement bloqué à cause du manque de fonds et des divergences sur la façon dont le processus devrait être conduit.
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