Waffo Mongo
30 Octobre 2009
Quelle est la recette miracle susceptible de faire marcher comme il se doit le tandem Mugabe-Tsvangirai qui gouverne ensemble le Zimbabwe depuis février 2009 ? Lorsqu'on sait que la mésentente au sommet de l'exécutif pénalise avant tout le peuple zimbabwéen déjà englué dans une crise économique profonde, on ne peut que souhaiter que les deux dirigeants reviennent très rapidement à de meilleurs sentiments pour l'intérêt supérieur de la nation.
Le pays n'a que trop souffert des passes d'armes féroces entre le camp du président Robert Mugabe animé par son parti au pouvoir, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF) et celui de l'ancien chef de l'opposition aujourd'hui Premier ministre de la République Morgan Tsvangirai mené par son parti (le Mouvement pour le Changement démocratique) (MDC). Pourtant, il existe bel et bien un accord de partage du pouvoir dûment signé par les deux camps en septembre 2008.
C'est en vertu de cet accord intervenu, il faut le souligner, au terme de longues et difficiles négociations, qu'un gouvernement d'union nationale a été mis en place et que le chef de l'opposition, grand vainqueur des législatives de mars 2008 est devenu Premier ministre. Cet accord a également permis au pays de briser son isolement diplomatique et aussi de reprendre langue avec les bailleurs de fonds internationaux et autres institutions financières afin de relancer l'économie du Zimbabwe dans un état de délabrement avancé.
La confrontation ouverte entre les deux têtes de l'exécutif du pays n'est pas dans l'intérêt d'un camp quelconque. Elle ne peut que compromettre durablement la reprise économique que les Zimbabwéens appellent de tous leurs voeux. Car à force de vouloir se neutraliser, les deux dirigeants annihilent les efforts de la communauté internationale pour aider le pays à s'en sortir mais aussi les sacrifices consentis par le peuple tout entier qui subi malgré lui des privations de toutes sortes.
A cause de toutes ces privations, n'est-il pas mieux indiqué pour les dirigeants du pays de mettre un bémol à leurs ambitions personnelles pour servir avant tout l'intérêt supérieur de leur peuple ? Pour y arriver, il n'y a à proprement parler aucune solution miracle. Il faut appliquer strictement les accords partage du pouvoir qui ont reçu l'onction internationale et des partenaires bilatéraux. C'est la seule voie à suivre. Sinon l'attelage Mugabe-Tsvangirai ira droit dans un mur. Le pays, en cas de besoin, peut compter valablement sur l'arbitrage de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), garante de l'accord de partage du pouvoir.
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