Le Messager (Douala)
Alain Noah Awana
30 Octobre 2009
La leçon inaugurale de David Mola, directeur général de l'entreprise Mola Solaire international basée en Allemagne, aura connu une grande attention de l'assistance, mardi 27 octobre 2009. C'était lors de la cérémonie d'ouverture de la deuxième édition des Journées d'excellence de la recherche scientifique et de l'innovation au Cameroun, en abrégé Jersic.
Dans une des salles du Hilton Hôtel à Yaoundé, ce Camerounais de la diaspora a présenté les deux principaux besoins du Cameroun pour impulser la recherche scientifique. « Le Cameroun a besoin de l'appui technique dans tous les domaines », soutient David Mola. Qui relève cependant que cet appui technique existe déjà au pays.
En second lieu, le Cameroun a besoin de l'appui financier qui, comme pour le premier point, se trouve à l'intérieur du pays. Le « professeur » de l'heure a donc une idée générale : la recherche scientifique et technologique au Cameroun doit commencer par être développée par les nationaux eux-mêmes, au lieu d'attendre une aide venant de l'extérieur. Raison pour laquelle, selon lui, la diaspora camerounaise (très nombreuse) doit apporter sa contribution. Mais, cela passe par des préalables. « Le gouvernement doit se réconcilier avec les Camerounais qui vivent à l'étranger car ils ont d'énormes potentialités qui ont été refoulées au pays et qui pourtant éclorent au grand jour à l'étranger », soutient en effet David Mola.
Impulser le développement du pays
C'est donc par cette interpellation que les Jersic 2009 ont débuté. Pour appuyer son propos, le directeur général de Mola Solaire international fait le calcul selon lequel le potentiel du Cameroun, pour ce qui est par exemple des énergies renouvelables (solaire, éolienne, biologique, etc.), est huit fois plus important que l'énergie hydroélectrique (énergie renouvelable aussi). Dr Simo Augustin, secrétaire permanent du Comité national de développement des technologies (Cndt) explique par exemple que les potentiels (encore inexploités) du Cameroun en matière d'énergies renouvelables correspondent à la quantité que la Corée produisait déjà en 1991. D'où le constat du retard considérable accusé par le Cameroun. Dans la phase protocolaire de cette cérémonie, l'on a eu droit à un principal discours : celui de la ministre de la Recherche scientifique et de l'innovation, Madeleine Tchuente. Elle a justement axé son propos sur le rôle de la diaspora en estimant que son implication est prépondérante pour le développement du pays. « La diaspora a joué un grand rôle dans le développement des pays d'Asie du Sud-Est comme l'Inde, la Chine, la Corée, la Malaisie, etc. », explique-t-elle.
Cette année, les Jersic ont pour thème principal « Science et développement durable ». La plate forme ainsi établie a pour objectif la concertation et les échanges visant à promouvoir le dialogue au sein de la communauté scientifique camerounaise. Les travaux quant à eux seront essentiellement axés sur : les énergies renouvelables, les changements climatiques, les biotechnologies et la biosécurité, la pharmacopée traditionnelle, les ressources naturelles d'origine minérale, les migrations et le développement. Les participants ont également eu droit aux expositions des résultats de recherches faites par des chercheurs camerounais indépendants ou des organismes nationaux et internationaux. Certaines recherches seront primées ce soir, lors de la cérémonie de clôture présidée par le Premier ministre.
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