Le Messager (Douala)

Cameroun: Electricité - La société civile appelle à la grève à Bamenda

Donat Suffo

30 Octobre 2009


Cela dure depuis trois semaines. La population de la région du Nord-Ouest vit dans le noir total. Rationnements et coupures intempestives de l'énergie électrique alternent. Certaines parties du Nord-Ouest sont complètement privées de lumière de jour comme de nuit. Une situation cauchemardesque qui donne des insomnies. Les matériels électroménagers endommagés ne se comptent plus, des cybercafés ont fermé.

Des chambres froides des poissonneries ne fonctionnent plus. Pire encore, annonce un collectif d'Ong de défense des droits de l'Homme « The Union of North West Human Rights Organisations » ) Unowhuro, au cours d'une conférence de presse donnée vendredi 23 octobre à Bamenda. « Le siège de la coopérative d'épargne de crédit dénommée Ntarikon credit union a été victime d'un incendie à cause de ces coupures. La situation est grave quand on sait l'importance des hôpitaux », dénonce Chongsi Ayeah Joseph, président de Unowhuro.

L'insécurité a accru, remarque-t-il, et les communications intra et interrégionales perturbées. Dès lors que la charge des batteries des téléphones portables nécessite l'énergie électrique. Pourtant le Cameroun dispose d'un potentiel énergétique de « 115 mille mega watts... seulement 1000 mega watts sont produits ». Pour Chongsi Ayeah Joseph, « il est intolérable qu'avec un tel potentiel, les Camerounais souffrent du manque d'énergie. Ceci constitue à nos yeux une violation grave des droits de l'Homme pour lesquels la responsabilité incombe à Aes Sonel ». C'est ainsi qu'il invite le peuple camerounais en général et les citoyens du Nord-Ouest en particulier, à « se lever comme un seul homme et réclamer ses droits ». Notamment, « Aes Sonel doit payer des dommages aux usagers affectés», revendique Chongsi Joseph.

Par ailleurs, Unowhuro demande qu'une commission d'enquête indépendante soit mise sur pied pour investiguer sur les causes de ces interruptions et si possible, que des sanctions soient infligées aux personnes coupables. « Et s'il s'agit d'une incompétence de la part de Aes Sonel, que son contrat soit révisé », tranche Joseph Chongsi Ayeah qui prescrit même la libéralisation du secteur de l'énergie afin de favoriser la compétition.

A la délégation régionale d'Aes Sonel à Bamenda, on évoque depuis trois semaines le remplacement de l'ancien transformateur par un nouveau, d'une capacité pouvant supporter la croissance exponentielle de la population. Jusqu'à mardi dernier, lors de la réunion d'évaluation du niveau de réalisation du Bip dans le Nord-Ouest, certains responsables de la délégation du Minee évoquaient un problème d'incompatibilité d'huile pour fluidifier le nouveau transformateur. En attendant, la population continue à trinquer.

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