Le Messager (Douala)

Cameroun: Paludisme - Près de 79% de femmes enceintes n'ont pas accès au Tpi

D'après l'Oms, pour atteindre les objectifs d'éradiquer la mortalité due au paludisme en 2015, il faudra dès 2010 assurer une bonne couverture des interventions prioritaires. C'est-à-dire que 80 % des populations à risque doivent bénéficier d'une protection efficace contre la piqûre du moustique ; 80 % des malades doivent être diagnostiqués et traités et 80 % des femmes enceintes doivent recevoir le Traitement préventif intermittent (Tpi).

A moins d'un an de cette échéance, une étude réalisée au Cameroun démontre qu'en ce qui concerne le Tpi, la couverture reste encore très faible. Basée sur l'évaluation des connaissances et pratiques des femmes enceintes et des prestataires des soins prénatales, l'étude a été menée par Lele Kouawa Albertine du département Santé publique de la Faculté de médecine et sciences biomédicales (Fmsb), sur une population de 320 femmes enceintes recrutées au sein de 13 formations sanitaires (districts, hôpitaux de référence...).

Elle révèle que seulement 21,9% de femmes enceintes interrogées prennent leur dose de sulfadoxine pyriméthamine (médicament de choix pour le Tpi dans les régions de transmission stable de faible résistance à la Sp). Soit une moyenne nettement en-deçà des recommandations de l'Oms. Sur 300 personnels de santé, 54,6% n'ont reçu aucune formation en pratique du Tpi tandis que 56,7% n'ont pas été supervisés au cours des six derniers mois antérieurs à l'étude.

La chercheuse recommande que le personnel de santé soit formé et recyclé à cette pratique ; les formations sanitaires dotées d'un service de soins en consultation prénatale (Cpn) soient régulièrement approvisionnées en Sp ; que les Cpn soient dotés du nécessaire pour boire les comprimés sous directive (gobelet, eau potable...) ; les femmes enceintes sensibilisées sur l'importance du Tpi pour elle et leur enfant. Pour sa part, en réalisant une étude comparative de la qualité et de l'efficacité des médicaments à base d'artéminisime et d'Artémisia Annua cultivée au Cameroun, Rosine Désirée Chougouo Kengne, pharmacienne, démontre que l'utilisation de ladite plante sous forme de tisane dans le traitement du palu est autant efficace que les Act conventionnels.

De plus, observe la chercheuse attachée à l'enseignement et à la recherche à l'Université des montagnes, cet usage offre un avantage en terme de coût. Ce qui permet leur accès aux populations pauvres. De même, il élimine le risque pour les patients de tomber sur les molécules contrefaites comme c'est le cas avec les médicaments conventionnels. De son côté, Olivia Achonduh, Phd student à l'Université de Yaoundé I évalue les facteurs génétiques qui peuvent influencer la réponse au traitement du paludisme chez les humains notamment, les enfants de moins de cinq ans.

Ces dames sont de l'expédition de Nairobi au Kenya du 2 au 6 novembre 2009 dans le cadre de la 5e conférence panafricaine du Multilateral Initiative on Malaria (Mim). Laquelle se tient après Yaoundé en 2005. En prélude à cet événement, des chercheurs et experts se sont retrouvés hier à Yaoundé pour harmoniser leur communication, explique Prof. Rose Leke


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