Mamadou Amadou Diop
30 Octobre 2009
La cinquième conférence de Bamako (Bamako 5) sur les enseignants contractuels organisée du 27 au 29 octobre au Mali a clôturé hier jeudi ses travaux. La rencontre qui a regroupé des représentants de plus d'une vingtaine de pays et environ 200 participants, a permis aux organisations spécialisées ainsi que les décideurs africains dans ce domaine de réfléchir sur « quels enseignants pour relever le défi de la double exigence d'une éducation de qualité pour tous ? »
C'est ainsi en effet que le ministre malien de l'Education, de l'Alphabétisation et des Langues nationales Salikou Sanogo a renseigné que son gouvernement vient de prendre des mesures idoines en vue de l'intégration des enseignants contractuels dans la fonction publique de l'Etat et des collectivités. Selon lui, cette décision « contribue à viabiliser le métier d'enseignant et à assurer les conditions financières, matérielles, psychologiques et sociales de sa valorisation et de sa pérennisation ».
S'adressant à plus de 200 participants représentant une vingtaine de pays africains, anglophones, francophones et lusophones, des partenaires au développement, des syndicats d'enseignants, des associations de parents d'élèves et autres organisations de la société civile, le ministre a affirmé que, cinq ans après la première conférence de Bamako, en novembre 2004, « nos systèmes éducatifs ont parcouru du chemin dans la voie de l'amélioration des conditions de vie et de travail de tous les enseignants ». Après ces efforts, M. Sanogo souligne « Maintenant c'est le moment de procéder à une évaluation des actions menées et, à cet égard, les travaux « fourniront les différents indicateurs permettant d'apprécier la situation, de renforcer les acquis, de proposer des pistes pour une amélioration significative de nos politiques et stratégies d'utilisation du personnel enseignant contractuel ».
Pour sa part, M. Ahlin Byll-Cataria, Secrétaire Exécutif de l'Association pour le Développement de l'Education en Afrique (ADEA), a fait observer, renseigne le texte, que « l'exercice ne consiste pas à porter un jugement sur les réalisations des pays mais plutôt de faire ensemble un bilan et d'apprendre des expériences des uns et des autres, des succès, mais aussi des difficultés ou blocages rencontrés ».
Cela permettra, a-t-il ajouté de prendre en considération la diversité des contextes, Au nom de l'Union africaine (UA), M. Mohamed Chérif Diarra, expert en éducation, a souligné l'importance que l'organisation continentale accorde à la problématique globale des enseignants dans le plan d'action de la Seconde Décennie de l'Education en Afrique lancée au sommet de Khartoum en janvier 2006. Leur perfectionnement, a-t-il rappelé, figure parmi les sept axes stratégiques de ce plan qui met un accent particulier « sur la mobilité des enseignants, tendant à favoriser le mouvement des enseignants des zones excédentaires vers les zones déficitaires ». Cette mesure, a-t-il indiqué, « se concrétisera par la mise sur pied de quatre centres régionaux de formation sur le continent africain ».
Le Secrétaire Exécutif de l'Adea a rappelé que l'éducation « n'est pas du seul domaine de responsabilité des ministres de l'éducation » mais elle « repose sur une bonne concertation,une bonne coordination et une parfaite collaboration avec d'autres ministères ». Il a également souligné que la formation et l'accompagnement des enseignants en Afrique bénéficiaient de plusieurs initiatives ainsi que de la mobilisation de nombreuses institutions en faveur de l'utilisation des Tice pour favoriser l'accès à une éducation de qualité pour tous en Afrique.
D'après la coordinatrice en chef du Bureau de l'ADEA en Afrique, Mme Assibi Napoe, l'Internationale de l'Education, une coalition de 30 millions de membres, a plaidé pour l'affectation de 20% du budget national à l'éducation. Toutefois elle a exprimé ses préoccupations face au contexte de la crise financière et économique généralisée et des crises politiques qui s'amplifient sur le continent. Outre le Mali, les pays africains suivants sont présents à Bamako +5 : Angola, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Kenya, Lesotho, Malawi, Mauritanie, Niger, Ouganda, Sénégal, Tanzanie, Tchad, Togo, Zambie et Zanzibar.
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