Moussa Dramé
30 Octobre 2009
Les bouchers de Sédhiou ne s'entendent toujours pas sur le prix du kilogramme de la viande. Les uns sont pour une baisse de 600F, les autres estiment que l'écart est démesuré et proposent 400F de moins sur le prix initial fixé à 2.200F. La médiation du gouverneur de région n'a pas servi à grand-chose.
Malgré l'appel au dialogue lancé avant-hier mercredi 28 octobre, par le gouverneur de région, M. Cheick Kane Niane aux fins d'une harmonisation du pris du kilogramme de la viande, les bouchers de Sédhiou ne parviennent toujours pas à s'accorder sur le mode de transaction de cette denrée. Tout est en effet parti de la volonté de l'un d'eux du nom de Moïdy Babou de consentir à une baisse de 600F sur le prix du kilogramme du premier choix appelé « filet » et initialement fixé à 2.200F et 300F de moins sur le prix du kilogramme de la qualité appelée « ordinaire » fixé à 1.800F
Quant à Abdou Niang, un autre boucher de Sédhiou, il dit accepter le principe d'une baisse mais, pas question, a t-il dit, de vendre à perte. « Vraiment, je suis pour le principe de diminuer le prix du kilogramme car c'est ce même Moïdy qui avait fomenté l'augmentation et le voilà consentir à une baisse sans pour autant demander notre avis sur la question. C'est parce que sa viande n'est plus sollicitée par la masse ». Se prononçant sur le prix, Abdou Niang ajoute : « je suis pour le prix du filet à 1.800F et 1600F pour l'ordinaire. Ceci ne nous arrange pas du tout mais nous avons accepté de le faire en tant que fils du terroir. Lui (Ndlr : Moïdy) continue de chanter qu'il peut même baisser le prix à 1300F. Il a une réserve de boeufs qu'il veut écouler alors que nous nous payons des animaux gras très cher. On ne va pas vendre à perte ».
Abdou Niang, le plus ancien de ces bouchers n'écarte pas l'éventualité d'une nouvelle baisse au cas où ce prix leur porterait préjudice : « nous acceptons provisoirement de baisser le prix du kilogramme mais si on se rend compte que cela devient intenable, nous reviendrons au prix initial ».
Pour sa part, Moïdy Babou dit avoir fait des calculs et s'est rendu compte que les prix étaient fort exagérés. « Après calcul, je me suis très honnêtement rendu compte que nous les bouchers vivons sur le dos des consommateurs car pour un boeuf de 250 kilogrammes payé à 200.mille F Cfa, si on vend à 1.800 F Cfa, on se retrouve avec 450 mille F C Fa. C'est trop, il faut que les gens fassent preuve d'humanisme à l'endroit des consommateurs. Je l'ai dit et je le ferai pour le bien des population. Je sais qu'ils sont en train de me faire la guerre », a t'il prévenu.
Le service régional du commerce intérieur par la voix de son chef Khadim Ndiaye note que « le gouverneur a fait des efforts pour une harmonisation du prix du kilogramme en vain. Et comme la vente de la viande est libéralisée, à charge pour chaque boucher de vendre au prix souhaité sans que cela soit vraiment injustifié. Mais l'essentiel est que déjà nous avons réussi à obtenir une baisse sur le prix et nous allons poursuivre les échanges à ce propos ».
S'agissant du poids de la transaction, M. Ndiaye souligne que « des contrôles se feront très régulièrement pour vérification des poids cédés aux consommateurs. Et nous n'hésiterons pas du tout à sévir en cas de fraude sur la balance ». En tout état de cause, ce sont les consommateurs qui se frottent les mains dans cette guerre des prix.
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