Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

Sénégal: Mikéa - "Saint-Louis donne envie de s'y établir"

1 Novembre 2009


La douceur caractéristique de la vie à Saint-Louis donne à l'étranger de passage une envie de rester dans cette ville, en comparaison par exemple de Dakar, concentration des maux dont souffrent les capitales en général, celles africaines en particulier, a estimé l'artiste malgache Mikéa, lauréat du prix Découverte RFI 2008.

Arrivé à Saint-Louis, en provenance de la Mauritanie, "tout a changé", a confié le musicien prié par le site rfimusique de rendre compte de sa tournée africaine, qui l'a amené à visiter et à se produire dans onze pays.

Saint-Louis est "une ville d'Afrique où tu as envie de rester : il ne fait pas trop chaud, il y a de l'air, tu peux trouver tout ce que tu veux à manger", a précisé l'artiste malgache qui s'est produit récemment au Quai des arts de la capitale du nord, avant de prolonger sa tournée sur Dakar.

De même, "avec les Sénégalais, pas de problèmes, sauf quand tu te fais embêter par les vendeurs de bijoux qui te suivent et les jeunes qui te demandent de l'argent", a ajouté Mikéa, issu d'une ethnie minoritaire de Madagascar.

Après Saint-Louis, "Dakar, c'est une capitale. Comme partout : des embouteillages énormes, beaucoup de monde. Il fait chaud, humide", a poursuivi l'artiste malgache qui, de passage dans la capitale sénégalaise, s'est produit au théâtre de verdure du centre culturel français.

"Au Sénégal, à la radio et à la télé, tu n'entends pas de musique européenne ou américaine. Non, il n'y a que du mbalax, comme on l'a remarqué", note Mikea dont la tournée internationale avait démarré par l'Europe, avant de se poursuivre sur le continent africain.

Enfant déjà, Mikéa se plaisait à fredonner des chansons en a capella en pleine forêt lorsqu'il gardait les zébus dans la forêt, une tradition de son ethnie d'origine du Sud-Ouest de Madagascar.

En formant un orchestre en 2003 après un bref séjour à l'école, Théo Rakotovao, connu au plan international sous son nom d'artiste Mikéa, ne fait que perpétuer une tradition. Il venait aussi de signer un bail avec une carrière musique marquée par une distinction internationale, en devant lauréat du prix Découverte RFI 2008.

Convaincu de la valeur intrinsèque de la musique traditionnelle africaine en général et malgache en particulier, il dit pratiquer le Beko'n blues qui ressemble un peu à la musique arabe.

Avec son orchestre, il utilise des guitares acoustiques accompagnées d'un instrument traditionnel Kabosy, sorte de guitare à 4 cordes, pour produire une musique qui a des relents de funk. A l'occasion de ses concerts, il propose toujours un voyage dans les soirées malgaches à travers la musique, avec de l'ambiance.

Il préconise que tout jeune musicien africain en herbe puisse être appuyé dans la quête d'une production, mais demande aux artistes de ne pas s'adonner trop à la musique européenne. Au contraire, il faut, selon lui, explorer les valeurs culturelles de leurs pays d'origine.

"S'il faut aider les jeunes artistes, il faut aussi garder nos traditions", a dit celui qui se présente comme un ambassadeur de son ethnie. Sous ce rapport, l'artiste se dit décidé à porter loin sa musique et la faire connaître au monde.

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