Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Paludisme - Sekkene fait deux mois sans référer un seul cas

Pape Demba Sidibe

31 Octobre 2009


La baisse de la recrudescence du paludisme est notable à Tambacounda. Dans le nouveau département de Koumpentoum, aucun cas de décès n'est enregistré cette année et Sekkene sort du lot avec, en deux mois en cette fin d'hivernage, zéro cas de paludisme. Suffisant pour aller voir l'application et la réussite de la promotion de la prévention et les connaissances de ces populations, qui n'ont ni forage, ni école, ni case de Santé et encore mois de route d'accès.

Koumpentoum, au coeur du Niani. Le nouveau département est à 100 km de la capitale régionale. La nouvelle route goudronnée donne envie de faire le déplacement et on se plait de raconter le calvaire des usagers depuis plus de dix ans sur cette route, dont le passage prenait les allures de safari. La toute nouvelle localité, chef-lieu de département, donne toujours des signes de siège de Communauté rurale.

La Route nationale 1 est prise d'assaut par les échoppes mitoyennes. Les taxis-moto campent le décor. Tout se passe ici sur la Route nationale. Cette impression laisse un goût d'inachevé avec les réalisations nécessaires que doivent s'attendre les populations, qui affichent leur fierté pour ce nouveau découpage qui érige cette Communauté rurale en département. Avec une population de 108.986 habitants sur une superficie de 5.420 km2, le bassin arachidier de la région orientale annonce ses ambitions dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'amélioration des conditions d'existence des femmes et des jeunes.

Les quatre kilomètres qui séparent Koumpentoum et Darou Salam Sekkene dans la Communauté rurale de Dame, arrondissement de Bamba Thialène, ont vite été avalés par notre véhicule à quatre roues motrices. Mais la nature de ce tronçon met en exergue les difficultés pour franchir ces espaces et passages d'eau sur des pistes ouvertes par les charrettes qui sont, dans cette zone, les seuls moyens de transport.

Au détour d'un bosquet, un puits doté d'une pompe à poulie tirée par des boeufs et des ânes nommés « Guérou » campe le décor. Les femmes, à force des bras, sortent de trente-cinq mètres de profondeur ce liquide précieux. Il est midi en cette matinée de samedi et les braves femmes nous confient que c'est depuis les premières lueurs de l'aube que ce calvaire a commencé.

Le village, pour cette fin d'hivernage, est propre à première vue d'oeil. Aminata Ndao, à peine 19 ans, s'excuse de ne pouvoir nous tendre la main qui est déjà laminée par les cordes qui servent d'exhaure de l'eau.

Le sujet du paludisme est évoqué dans la discussion sur les activités du groupement fort de 62 membres. Depuis le mois de juin aucun cas de paludisme n'est noté dans la localité. Le secret d'une telle situation découle à en croire Aminata Ndao des opérations de « set setal », de la salubrité et de l'élimination des eaux stagnantes en plus de l'utilisation des moustiquaires imprégnées à longue durée Milda. C'est le résultat, selon elle, de la formation en leur sein de trois relais communautaires que sont Oumar Sy, Binta Ba et Mame Boussou Loum, sous la supervision de Amadou B. Diawara chargé de l'intervention à base communautaire.

Synergie entre partenaires

La présidente du groupement des femmes note la complicité des hommes dans les opérations souvent médiatisées avec la radio communautaire Niani Fm.

Comme le maire Sidy Traoré, elle parle de régression des cas de paludisme. Le maire signale pour sa part qu'il est moins sollicité par les populations pour la prise en charge de cas de paludisme dans cette localité « étranglée » par la pauvreté.

Le médecin chef du district sanitaire Boly Diop replace le contact général de la lutte contre le paludisme avec le programme national. Le district sanitaire de Koumpentoum selon lui n'a pas enregistré de cas de mortalité dû au paludisme et le village de Sekkene Darou Salam n'a pas référé depuis deux mois aucun cas.

C'est selon lui la synergie entre les partenaires qui appuient le plan national de lutte tels que Africare Intrahealth et Profemme. Le Dr Boly Diop a cité l'introduction des Tdr (Test de détection rapide), la stratégie Pecadome (Prise en charge des cas de paludisme à domicile). Se félicitant de l'action d'Africare, il a salué les efforts dans le cadre de l'amélioration de l'environnement pour lutter contre l'anophèle, tout en mettant en exergue les aspersions intra domiciliaires.

Pour sa part Gorgui Sène Diallo, responsable du programme Africaire, qui touche 20 villages, a souligné que les actions menées dans le secteur permettent d'accroître la connaissance des populations sur le paludisme par la promotion de la prévention et la prise en charge des cas simples de paludisme. Les activités menées ont permis selon lui de promouvoir les bonnes pratiques familiales relatives au paludisme par la référence des femmes, les Cpn/Tpi, l'utilisation des Milda et le recours aux soins précoces. Cela a permis de faire 180 causeries, 1.200 visites domiciliaires, 20 opérations de salubrité et la signature de 20 contrats de cinq millions pour les activités communautaires sur le paludisme.

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