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Afrique: « Le pays ratifie assez rapidement les traités qu'il signe », délégation des parlementaires gabonais au PAP

31 Octobre 2009


interview

Les membres de la délégation gabonaise au Parlement Panafricain, ont indiqué, ce jeudi, à Midrand (Afrique du sud), à la faveur d'un entretien accordé à l'envoyé spécial de GABONEWS, que « Le Gabon ratifie assez rapidement les traités qu'il signe »

Le Parlement Panafricain, organe législatif de l'Union Africaine (UA), a fêté ses 5 ans d'existence cette année. Pourtant, en dépit de la présence du Gabon à ce sommet, l'Institution reste méconnue de la population gabonaise. Comment l'expliquer ?

C'est effectif, mais cela ne concerne pas seulement le Gabon. Le PAP n'est pas véritablement connu dans les Etats membres de l'UA. Le fait est que souvent, lorsque l'on désigne les représentants de chaque Etats, prenons l'exemple du Gabon, cela se passe au niveau des chambres du parlement, l'Assemblée Nationale en ce qui me concerne comme député ou le Sénat. Mais ce choix n'est pas médiatisé pour que la population gabonaise puisse parfaitement être informée de l'importance du Parlement Panafricain. C'est un problème qui est inhérent aux médias. Qui doit faire connaître le PAP à la population ? C'est la presse. Or la presse ne joue pas son rôle pour la diffusion de l'information. Nous, en tant que parlementaires, ne rendons compte qu'à notre Parlement. Si la presse du Sénat par exemple ne s'en fait pas écho, il n'y a aucun autre moyen pour nous de le faire. Mais nous sommes en train de renforcer la possibilité de voir l'ensemble des travaux du PAP, couverts par les médias de tous les pays membres. Ce projet est déjà en route. Cinq ans, c'est peu de choses, c'est une expérience nouvelle. Nous tendons vers plus de responsabilité et l'ensemble de ces efforts ont pour objectif le renforcement de l'Union africaine, en vue d'aboutir à un gouvernent panafricain. Nous n'en sommes pas encore là, mais le chemin est tracé. Nous espérons que les freins qui existent pourront être résolus à l'effet de favoriser un tel développement. Nous ne sommes pas encore arrivés au niveau de l'Union Européenne (UE), mais nous tendons à y aboutir.

Autre observation, seuls deux (2) Gabonais font partie du personnel du PAP. Quelle analyse en faites-vous ?

C'est un constat que nous avons pu faire. Nous allons agir en sorte que les Gabonais qui veulent travailler au sein du Parlement sollicitent l'emploi, parce qu'il faudra bien qu'ils demandent à travailler ici. Dieu seul sait qu'il y a des postes qui se libèrent et qu'au niveau de l'Internet ces offres sont mentionnées. Toujours est-il que nous sommes quand même en Afrique et le favoritisme n'est pas propre aux Etats membres. Lorsque l'on vient ici, on a la propension, parfois, de ne faire venir que les compatriotes.

L'article 4 du protocole au traité instituant la Communauté Economique Africaine indique que la représentation de chaque Etat membre « doit refléter la diversité des opinions politiques ( ) de chaque organe législatif national ». Qu'en est-il dans la pratique ?

Il faut dire que c'est une règle générale dans tous les parlements. Lorsque nous prenons l'exemple du Gabon, au niveau des règlements intérieurs de l'Assemblée Nationale et du Sénat, il est clairement stipulé que la composition des bureaux de commissions doit refléter la coloration politique de la chambre en question. En l'espèce ici au Parlement, nous sommes 5 parlementaires représentants le Gabon, 2 sénateurs et 3 députés. Au niveau de l'Assemblée Nationale, il y a 2 députés du Parti Démocratique Gabonais (PDG), mais il y a aussi un député de l'Union du Peuple Gabonais. En ce qui concerne le Sénat, il y a un sénateur du PDG, et un Sénateur du Parti Social Démocrate (PSD).

Lors de sa récente intervention au PAP, le Président de la Commission de l'UA, Jean Ping, avait déploré la non ratification par les Etats membres, de textes qu'il avait pourtant « signés ». En ce sens, il avait dit l'importance du rôle des parlementaires au niveau national. Quelle lecture faites-vous de cette déclaration ?

Cela parait fondé et justifié de la part du Président de la Commission de l'UA. Il est évident que si certains actes ne sont pas ratifiés par le gouvernement, le travail que doit effectuer l'Union au niveau de sa Commission est ralenti. Notre rôle en tant que parlementaires est d'en amener le gouvernement. Ces actes-là ne sont pas transmis dans les parlements nationaux. Ils sont transmis au niveau de l'exécutif et c'est à celui-ci qu'il revient la charge d'amener le parlement à ratifier certains actes. Il n'y a pas d'exemples aujourd'hui, qui indiqueraient que le Gabon n'a pas ratifié de documents qui viendraient de la Commission de l'UA.

Le Gabon ratifie assez rapidement les documents et/ou traités qu'il signe et qui entrent justement dans le cade de l'amélioration de ses rapports avec l'Union. Nous nous sommes rendu compte que, parfois, ce sont les lenteurs des procédures administratives enregistrées dans les ministères qui font qu'on oublie (ndlr : certains textes). Tous les fonctionnaires n'étant pas forcément informés, ça traîne. C'est pour cela qu'on a décidé que lorsqu'il y a ratification aux 2/3, on applique. Il est difficile d'arriver à l'unanimité.

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