Donatien Ngandu Mupompa
2 Novembre 2009
Kinshasa — L'ivresse donne parfois du génie. Grâce à son état d'ébriété, Tshiunvua-Bilenga a pu sauver son argent en se mettant dans la tenue d'Adam. Pour la première fois de sa vie, il venait d'empocher une commission de 3.000 dollars américains dans la journée du samedi 31 octobre 2009.
L'homme était aux anges. Plein aux as comme Crésus, il a commencé à faire la ronde des milieux les plus ambiants de Kinshasa. Partout où il s'attablait, il était entouré par ce que Kin-la-joyeuse garde encore de beautés.
Non seulement les filles de joie lui ont sucé quelques pécules, mais aussi, la bière coulait à flots. Tshiunvua-Bilenga s'est cru l'homme le plus adulé du monde. A la fin, l'homme s'est senti vraiment soûl. Il a donc résolu de regagner son toit vers 2h00' du matin. Bien que titubant comme un canard, l'homme s'est quand même mis en route. Mais sur son chemin, pas âme qui vive, l'obscurité règne en maître, surtout que c'est depuis longtemps que la fourniture d'électricité a été interrompue dans son quartier. Devenu lucide pour un moment, ce commissionnaire se souvient qu'il vient d'entrer dans l'antre des malfaiteurs de tous genres, où il ne faut trimballer une sacoche dès la tombée de la nuit. Que faire pour sauver son pactole ? Une idée géniale lui sort de la tête.
Tshiunvua-Bilenga s'arrête net. Et à la faveur des ténèbres, l'homme se déshabille et reste nu comme un ver de terre. Il emballe la sacoche contenant les 3.000 dollars américains dans ses habits, sans oublier le téléphone portable, les souliers et les chaussettes. Cela forme un intriguant colis. Resté nu des pieds au cap, l'homme se met en marche avec son colis sur la tête.
Après avoir à peine parcouru cinq cents mètres, le saoulard voit une patrouille d'hommes en uniforme venir en sa direction.
L'homme ne bronche pas et continue son avancée. Mais dès que les policiers se sont approchés de lui, ils ont reculé et se sont écartés de son chemin. L'ont-ils pris pour un fou ou pour un revenant sorti de l'autre monde ? Difficile à deviner.
Ce n'est pas la fin, car lorsque Tshiunvua-Bilenga a voulu emprunter une rue plus loin, il s'est trouvé face-à-face avec des personnages obscurs armés de bâtons, de couteaux et de machettes. Cette fois, il a cru son heure venue. Que non! Le dieu des nudistes est avec lui. En voyant ce personnage singulier, les malfaiteurs ont détalé sans demander leur reste.
Mais le saoulard ingénieux a failli commettre une erreur. Car arrivé chez lui dans sa drôle de tenue, il a failli faire tomber en syncope sa chère épouse. En effet, c'était le moment choisi par cette dernière d'aller se soulager hors de la maison. En voyant son mari dans cet état, elle a cru qu'il était devenu fou. Elle a donc poussé un cri terrible en se précipitant dans la maison. Sans dire un mot, l'homme est passé derrière pour se rhabiller. Etant mis en tenue décente, il s'est mis à frapper à la porte, mais la femme n'osait mettre le nez dehors. Réveillé par les coups, l'un des enfants a fini par ouvrir. Et Tshiunvua-Bilenga a trouvé son épouse toute tremblotante. Elle a fini par se calmer et éclater de rire en écoutant l'odyssée de son mari pour sauver les 3.000 dollars américains.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.