Youcef Salami
2 Novembre 2009
L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) estime qu'un baril au-dessus des cent dollars mettrait en danger la reprise économique mondiale. C'est son président, l'Angolais, Jose Botelho de Vasconcelos, qui le dit. Cela signifierait que si le baril de brut atteignait ce niveau, l'organisation pétrolière
augmenterait ses quotas de production, fixés aujourd'hui à 24,84 millions de barils par jour. Si c'est nécessaire, certains pays «sont prêts à injecter davantage de pétrole sur le marché» a déclaré Jose Botelho de Vasconcelos, cité par des agences de presse. Le président de l'OPEP a ajouté également qu'à cent dollars, l'organisation viennoise devra revoir à la hausse ses objectifs à l'occasion de sa prochaine réunion prévue le 22 décembre à Luanda. Jose Botelho de Vasconcelos, également ministre du Pétrole angolais, a affirmé que les producteurs et les consommateurs étaient à l'aise avec un baril dont le prix serait compris entre 75 et 80 dollars. «Il est toujours mieux d'avoir un prix équilibré», a-t-il souligné.
Il a toutefois précisé que l'OPEP «devrait d'abord s'assurer que les fondamentaux du marché du brut, en termes d'offre et de demande, sont également équilibrés», soulignant que les stocks «restaient élevés», même s'ils ont diminué dernièrement. Cette position rejoint l'avis du ministre koweïtien, Ahmad Abdallah Al-Sabah. Ce dernier a déclaré, il y a quelques jours, que les prix étaient «très bons» mais, il a ajouté que s'ils grimpaient vers les cent dollars, en cas de faiblesse accrue du billet vers et de spéculation accentuée, l'OPEP ferait bien de tenir une réunion spéciale «pour décider quoi faire».
Le ministère russe de l'Energie a de son côté indiqué que la production de brut de la Russie, qui n'est pas membre de l'OPEP, va dépasser 490 millions de tonnes en 2010, soit plus que ce qui est prévu pour 2009. Il y a quelques mois à peine, alors que le prix du baril de brut avait plongé, la Russie, qui est au coude à coude avec l'Arabie saoudite pour la production d'or noir, assurait vouloir soutenir l'OPEP pour limiter les surplus et permettre aux cours de se redresser. Les cours du brut WTI CLc1 ont atteint 82 dollars la semaine dernière, un plus haut d'un an. A New York ils ont presque doublé depuis le début de l'année. Ils se sont situés à environ 80 dollars le baril lundi dernier contre 43 dollars en début d'année. Le baril de pétrole est en réalité dopé par les chiffres du produit intérieur brut (PIB) américain.
Ce dernier a progressé de 3,5% en rythme annuel au troisième trimestre, alors que les économistes avaient anticipé une hausse de 3,3% de l'activité sur la période. Un chiffre qui rassure les investisseurs, qui commençaient de plus en plus à douter de la solidité de la reprise. Seulement, cette tendance haussière reste erratique, mercredi dernier, par exemple, les cours avaient reculé, la tendance baissière du jour ayant été amplifiée par la publication des stocks hebdomadaires américains en pétrole brut, qui sont ressortis mitigés. En outre, la morosité sur les marchés boursiers et le raffermissement du dollar a pesé sur les cours.
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