Aminata (Conackry)
Bah Ibrahima Gallé
3 Novembre 2009
Il n'est de secret pour personne, à chaque fois qu'un évènement tragique se produit en Guinée, les commissions d'enquête mise sur pied suivent leur cour jusqu'à se noyer dans la mer. Sans aucun résultat et par ricochet, sans pour autant répondre aux attentes des victimes.
C'est pourquoi, il est difficile de convaincre certains de nos compatriotes sur l'issue d'une négociation ou d'une enquête. Surtout quand on sait que depuis toujours, c'est le pouvoir exécutif qui incarne tout chez nous. Il piétine le législatif et le judiciaire. Donc dès que l'Etat est concerné dans un pareil cas, cest dire que la bataille est perdue d'avance pour le citoyen lambda. Tous les guinéens ont encore dans leur mémoire, après les tuéries de janvier-février 2007, la commission d'enquête qui avait été mise en place par le Gouvernement n'a été que de la poudre aux yeux. Et tant pis pour les pauvres victimes et leurs familles qui n'auront d'yeux que pour pleurer.
En effet, si la nomination du Président de Faso par la CEDEAO, comme facilitateur dans cette crise guinéenne, avait suscité beaucoup d'espoir pour certains de nos compatriotes, à cause, certes, de son expérience en la matière, en Côte-d'Ivoire et au Togo, d'autres pessimistes ne cessent de s'interroger sur l'issue de ces négociations et surtout si Tonton Blaise restera impartial jusqu'au bout. Etant ami au premier supporter de la junte, le Guide lybien dont les tentatives pour être le second facilitateur ont été rejetées par les deux parties et, certains membres des forces vives.
En tout cas pour l'heure, la tâche ne semble pas aisée pour le tombeur de Thomas Sankara. Quant on sait qu'en dépit de la tornade des sanctions qui s'abattent sur le Chef de la junte, le CNDD et le Gouvernement komara, qui se résument en: restriction des déplacements des membres du CNDD avec gel des avoirs à l'étranger, la junte au pouvoir n'en démord pas.
S'agissant de la médiaton, les positions sont déjà connues. Les forces vives pilotées par Jean Marie Doré, exigent comme préalable à tout dialogue, le départ du Capitaine Dadis et son CNDD, situer les responsabilités sur les tragiques évènements du lundi noir du 28 septembre dernier, la mise en place d'un gouvernement d'union nationale de transition dirigé par un civil et le déploiement d'une force internationale de protection pour sécuriser les populations civiles contre une armée qui est loin d'être républicaine. Car depuis l'indépendance de notre pays en 1958, le peuple martyr de Guinée, n'a été victime que de son armée et de ses Chefs.
Côté délégation gouvernementale, conduite par le colonel Mathurin Bangoura, il y a le Commandant Moussa Keita, auteur de la célèbre phrase "Dadis ou la mort". Et mieux quand on sait que toutes les exigences des forces vives sont énergiquement rejettées par la junte au pouvoir.
Même si certains spécialistes de la scène politique guinéenne pensent que la tâche ne sra pas facile pour le Président du pays des hommes intègres, le Bourkina Faso, ils privilègient néanmoins le dialogue. Ils soutiennent mordicus, que c'est la seule alternative de faire plier le Président autoproclamé, le Capitaine Moussa Dadis Camara.
En outre, ils craignent beaucoup, pour ne pas que les négociations se prolongent, qui à leurs yeux, ne constituera qu'un gagne temps pour la junte qui compte à s'éterniser au pouvoir à n'importe quel prix. Même à un moment donné Dadis diait que "nous ne sommes pas assoiffés du pouvoir". Aujourd'hui, la réalité sur le terrain en est autrement.
C'est pourquoi, actuellement, tous les guinéens et de la communauté internationale sont tournés vers Ouagadougou et attendent avec impatience la résolution de cette crise qui, pour certains, n'a que trop duré et ne souhaittent pas que notre pays soit isolé sur plan international pour longtemps. Pour ces mêmes spécialistes, c'est l'isolement du pays sous le règne du premier Président de la Guinée indépendante qui fait dans notre pays "c'est toujours le bonnet blanc et le blanc bonnet". Seulement entre les gens qui souhaitent que le Capitaine Moussa Dadis conduise la transition et les nombreuses familles dont les membres ont été violés, violentés, tués et dont certains corps restent introuvables depuis le 28 septembre dernier, la médiation ne sera pas une partie de plaisir. Mais soyons tout de même patients. Car, celui qui attend Dieu, n'est jamais pressé. A-t-on coutûme de dire souvent.
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