Le Potentiel (Kinshasa)
Stephane Etinga
3 Novembre 2009
Kinshasa — Les policiers attendus à Gemena, dans la province de l'Equateur, pour reprendre le contrôle de la localité de Dongo, sont arrivés, le dimanche 1er novembre 2009, selon l'Inspecteur provincial intérimaire de la Police nationale congolaise/Equateur, Jolly Limengo. La localité de Dongo, située à 230 kilomètres de Gemena, est sous contrôle, depuis jeudi passé, des jeunes gens armés du clan Enyele, suite aux affrontements avec les policiers lesquels ont causé, selon certaines sources, la mort de plusieurs policiers et civils.
Le drame survenu à Dongo a pour cause la lutte intercommunautaire pour la gestion des étangs piscicoles dans cette localité. Cette version a été soutenue par le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.
En effet, les jeunes gens du clan Enyele, auteurs des incidents s'opposent également aux non originaires de cette localité. Parmi eux, des personnalités qui occupent des fonctions dans l'administration locale, selon Guy Inenge, le gouverneur intérimaire de l'Equateur joint vendredi par radiookapi.net
Guy Inenge a même qualifié cette révolte qui a tourné au drame de « petite rébellion en gestation qu'il faut vite mater», selon lui. Des policiers dépêchés jeudi à Dongo se sont violemment affrontés avec les jeunes gens armés du clan Enyele. Le bilan officiel a fait état de 11 morts dont 7 policiers et 4 civils. D'autres sources ont fait état d'un bilan plus lourd. Il est donc difficile pour le moment d'avancer un bilan exact de ces affrontements, l'accès routier et téléphonique de Dongo n'étant pas aisés. Vendredi, certains policiers rescapés avaient battu en retraite dans la localité de Zambi, en territoire de Libenge. C'est ici également que de nombreux déplacés sont arrivés, fuyant les affrontements de Dongo. Certains rescapés n'ont eu d'autre choix que de traverser le fleuve par pirogue pour se réfugier en République du Congo voisin.
Le gouvernement doit tout faire afin de mettre fin à l'activisme malheureux des jeunes du clan Enyele. Les affrontements qu'ils ont provoqués interviennent à un moment délicat pour la province de l'Equateur qui se prépare pour l'élection de son gouverneur prévue pour la fin de ce mois. Si les jeunes inciviques persistent à narguer la police et entrer en rébellion, les élections locales risquent d'être compromises dans cette partie du pays. Il y a urgence d'applique la « tolérance zéro » à l'égard des inciviques et de leurs complices qui tirent les ficelles en restant cachés dans l'ombre.
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