Le Soleil (Dakar)
Eugène Kaly
3 Novembre 2009
Le Sénégal n'a pas de problème de piles cardiaques. Mais celles-ci ne sont pas à la portée de tous les patients, parce que pour faire implanter une pile cardiaque le patient doit débourser plus 1,5 million de francs Cfa.
Le Sénégal dispose d'une quantité suffisante de piles cardiaques. Les patients souffrant d'insuffisance cardiaque peuvent bénéficier de l'implantation, l'essentiel est qu'ils disposent de moyens financiers pour le faire. Car la pile cardiaque la moins chère coûte un 1.500.000 francs Cfa, ce qui n'est pas à la portée de tous les patients.
Alors que sans la pile cardiaque, le malade risque de mourir rapidement. Mais s'il bénéficie de l'implantation d'une pile cardiaque, il peut vivre pendant longtemps. Il peut mourir d'une autre cause, sauf celle d'arrêt cardiaque. Quand la pile s'épuise on peut la changer. Le service de Cardiologie de l'hôpital A. Le Dantec, avec le soutien d'une société, a implanté gratuitement des piles à sept personnes souffrant de problèmes cardiaques à raison de 15 millions de francs Cfa.
Malheureusement, 30 autres personnes sont sur la liste d'attente, a indiqué le Pr Serigne Abdou Ba, chef du service Cardiologie de l'hôpital Aristide Le Dantec. Il s'exprimait lors du symposium de rythmologie et de stimulation cardiaque organisé à l'occasion de la venue à Dakar du Pr Pascal de Faye du Chu de Grenoble. Au cours de ce symposium, le Pr Ba a annoncé que le coeur est une machine qui fonctionne de manière autonome avec des centres qui produisent de l'énergie et des fils qui produisent l'électricité.
« Mais il peut arriver que les centres qui produisent l'énergie soient défaillants où qu'ils soient coupés du fait d'une maladie ou simplement d'un vieillissement parce qu'un moteur qui roule pendant 70 ans sans s'arrêter peut présenter des anomalies. La stimulation cardiaque vise donc à remplacer le système naturel défaillant par une sonde que l'on va placer à l'intérieur d'une cabine cardiaque et par une pile qui va générer l'électricité », a expliqué le Pr Serigne Abdou Ba.
Elle aura deux fonctions. Une fonction de stimulation qui fait le travail quand le coeur est défaillant. Une autre fonction d'écoute c'est-à-dire quand le coeur manifeste une activité qui est normale la pile va arrêter la stimulation et écouter le coeur.
« Donc chaque contraction cardiaque est calculée. C'est donc une technique que nous pratiquons au Sénégal depuis plusieurs années parce que le premier presmicoeur a été implanté à Dakar il y a une trentaine d'années », a rappelé le chef du service Cardiologie d'Aristide Le Dantec.
La stimulation cardiaque n'est pas une grosse intervention car se faisant sur anesthésie locale. Mais c'est le stade évolutif terminal de toutes les maladies cardiaques.
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