Le Pays (Ouagadougou)

Burkina Faso: L'édition de la maturité

Adama Sinare

2 Novembre 2009


Les rideaux sont tombés sur la 7eme édition du Festival sport et culture de Ouahigouya (FESCO), le 31 octobre 2009, après 3 jours de festivités. Co-parrainée par le ministre de l'Enseignement de base et de l'alphabétisation, Marie Odile Bonkoungou, et celui des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, Joseph Paré, cette édition a connu une fin en apothéose nourrie de feux d'artifices.

La cité de Naaba Kango a connu une effervescence particulière le week-end écoulé. Pour cause, le Festival sport et culture de Ouahigouya (FESCO), qui est à sa 7e édition, y a drainé encore un grand monde. Cette manifestation, organisée annuellement à Ouahigouya, et dont le promoteur n'est autre que le ministre des Transports, Gilbert Noël Ouédraogo, a été co-parrainée par deux personnalités du monde de l'éducation, Marie Odile Bonkoungou, MEBA et Joseph Paré, MESSRS.

Edition de la maturité, selon le mot du promoteur, le FESCO 2009 dont le thème est "Valorisation culturelle et éducation" aura enregistré un paquet d'innovations qui sont sans doute à la base de l'adhésion massive du public. La cérémonie d'ouverture a eu lieu le 29 octobre dernier, dans l'après-midi, à la place de la nation bondée de monde, dans une ambiance des grands jours qui a accueilli officiels et festivaliers. Parmi les invités, on notait la présence des membres du gouvernement, Cécile Béloum, ministre chargée des Relations avec le parlement, Ousséni Tamboura, ministre délégué à l'Alphabétisation et à l'éducation non-formelle, les deux parrains, les autorités régionales, Sa Majesté Naaba Kiiba, roi du Yatenga, la délégation de la diaspora ivoirienne.

Les intervenants qui se sont succédé à la tribune ont salué et loué le mérite de cette manifestation qui, de l'avis du maire de la ville, Abdoulaye Sougouri, est une des manifestations majeures de la commune et une vitrine du Yatenga. Pour lui, le FESCO, au-delà de son aspect festif, est un outil qui participe au développement de la commune. Le co-parrain, Joseph Paré, indiquera qu'en matière éducative et culturelle, le FESCO est un tremplin pour la promotion de l'éducation. Et cela paraît non seulement fondamental et opportun au regard de la multiplicité des disciplines culturelles, de la diversité des valeurs traditionnelles transmises par la danse, la chanson et les arts plastiques dont regorge notre pays. Aussi s'est-il appesanti sur l'apport de la culture dans l'éducation et les liens interactifs qui existent. Et M. Paré d'ajouter que "la culture est comme une boussole et une personne sans boussole est une personne qui va s'égarer".

Appel à la mobilisation pour le 11 Décembre

Avant de déclarer ouverte cette présente édition, le maître d'oeuvre de la manifestation, Gilbert Noël Ouédraogo, visiblement ému, dans un discours plutôt rassembleur, ponctué d'ovations nourries du public, en a appelé à l'union sacrée des fils de la région. Morceau choisi : "Je voudrais remercier tous ceux qui se sont mobilisés comme un seul homme aujourd'hui, sans tenir compte d'aucune couleur politique, mais voulant faire du Yatenga, une zone de développement, une zone de culture..." Selon Gilbert Ouédraogo, le FESCO veut être une unité d'action entre fils du Yatenga pour une solidarité agissante autour des valeurs culturelles pour le développement. Il est important, a-t-il dit que l'on se retrouve autour de la culture, "car quand on ne sait pas d'où l'on vient, on ne peut pas savoir où l'on va ; il n'y a pas de vent favorable à qui ne sait pas où il va".

En plaçant cette édition sous le signe de la valorisation culturelle et l'éducation, le promoteur dit avoir l'intime conviction de participer à une dynamique qui vise à mobiliser toutes les forces disponibles pour un esprit de fraternité. Profitant de la présence de toutes les forces vives de la région, Gilbert Noël Ouédraogo a lancé un appel à une mobilisation sans faille pour "présenter au président du Faso, un Yatenga uni résolument tourné vers le développement".

Après la cérémonie d'ouverture, a démarré, dans la nuit le concours de liwaga, qui, deux nuits durant, a mis aux prises 16 troupes venues des villages de la province. A l'issue des compétitions, c'est la troupe Manegda de Zogoré qui a imprimé sa suprématie, suivie de celle de Silga. Les deux meilleures s'en tireront respectivement avec 200 000 F CFA et un trophée et 150 000 F CFA. Le 31 octobre 2009, les festivités se sont poursuivies avec les jeux de société et une visite de la rue marchande.

Le sport, facteur de rapprochement

Le FESCO, c'est aussi le sport, facteur de rapprochement entre les populations, mais aussi un des temps forts de la manifestation. Les organisateurs ont programmé 3 disciplines à savoir le cyclisme, le football et la pétanque. Au niveau de la petite reine, des coureurs venus des communes de la région ont parcouru 66 km sur un circuit fermé de 3 km en 20 fois. Et c'est Rasmané Sana, très en forme, qui s'est montré plus entreprenant en s'imposant devant ses camarades sans problème. La finale de football a opposé l'équipe de l'école de Bimbilin C à celle de Ipala, en OSEP (Organisation du sport à l'école primaire). A l'issue du temps réglementaire, c'est Ipala qui s'adjuge le trophée. Le jeu de pétanque a regroupé les amoureux de cette discipline à la Maison des jeunes et de la culture du Nord. Les jeux de société, tels que le scrabble, la belotte, le damier ont désigné leurs vainqueurs. Ceux -ci ont été récompensés à la cérémonie de clôture. La cérémonie de clôture est intervenue le 31 octobre 2009 en fin d'après-midi. Ce fut, entre autres, l'occasion pour le promoteur d'exprimer toute sa joie devant le bon déroulement des festivités et de remercier toutes les bonnes volontés qui ont concouru à ce succès. Satisfaction justifiée d'autant que le jury a relevé "que le niveau de la compétition était très élevé par la qualité des prestations, l'habillement et l'occupation scénique". Le promoteur du FESCO a promis de mieux faire l'édition prochaine, en 2010, dont le thème sera relatif à la promotion de la femme et des droits humains.

Gilbert Noël Ouédraogo à propos des innovations et des perspectives

"Les grandes innovations de la 7e édition, c'est de faire mieux lors de l'édition prochaine. Nous sommes satisfaits du déroulement de la manifestation car il y a eu une mobilisation qui a dépassé nos attentes et nos espérances. Il y a eu également au niveau des prestations, de la qualité. Il y a eu de l'engouement avec la participation de la diaspora. Le FESCO tend vers une couverture sous-régionale. Il a acquis une maturité avec la participation des troupes artistiques "Liwaga" venues de la Côte d'Ivoire. Trois troupes de la diaspora Ivoirienne ont presté hors compétition pour nous soutenir. Elles ont montré leur savoir-faire par leurs danses apprises du côté de la lagune Ebrié. C'est pourquoi, nous voulons à l'édition prochaine internationaliser la manifestation à d'autres pays tels que la Côte d'Ivoire et le Ghana. Nous souhaitons poursuivre les innovations d'année en année pour qu'il soit une manifestation culturelle majeure dans la sous-région. La Francophonie nous a accompagnés et nous comptons intégrer le cinéma."

Gabriel Béréougda dit Sang chaud, le "faroteur"

A l'ouverture de la manifestation, Gabriel Béréougda dit Sang -chaud s'est illustré devant le public à travers le" farotement". Il a laissé les" feuilles" (argent). Les artistes musiciens tels que Floby et Georges Ouédraogo ne diront pas le contraire. Avec les billets de 5 000 F CFA, cet opérateur économique, peu connu par le public de Ouahigouya, a laissé parler son coeur. Nul ne sait combien de francs il a donné à Floby. Renseignements pris, ce monsieur serait dans les transports et PDG du groupe "AGB" à Ouagadougou, Bobo et Koudougou.

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