Felix Nzale
3 Novembre 2009
interview
Fallou Dieng explique qu'il puise son inspiration dans son interrelation avec ses concitoyens et brandit « Maana », un titre à succès, comme un hymne à la vertu. Sud Quotidien vous présente son entretien.
Comment se porte le groupe de Fallou Dieng depuis qu'il a procédé à certains réaménagements internes et qu'il a changé le staff chargé de son management ?
Le groupe se porte très bien. Et cela, depuis que j'ai commencé à faire de la musique il y a maintenant vingt-deux ans. Je profite pour ouvrir une parenthèse en rappelant que j'ai été le premier de ma génération (la deuxième) à former un groupe. Et depuis 2007, j'ai changé l'équipe en faisant appel à d'autres compétences dont je pense qu'elles peuvent porter mes ambitions sur le plan musical. Il y a de nouvelles personnes qui sont derrière moi et qui me soutiennent ici et a l'étranger, principalement aux Usa. Avec cette nouvelle équipe, nous avons réalisé de belles performances notamment depuis la tournée « Jengou Tour » à partir de laquelle j'ai commencé à avoir une réelle ouverture sur le plan international. La collaboration entre la « New African Production » basée aux Etats unis et « Fallou Dieng Production » a produit d'excellents résultats. Nous avons été invités à nous produire au « Global Fest » qui a été un franc succès et une belle expérience internationale qui nous a ouvert des portes. Les succès, suite à cette collaboration, ont commencé à être engrangés avec le « Djémbé d'or ». Cela dit, de « Summer Stage » à « Hollywood Bowl », Fallou a mûri ; il voit maintenant le monde et la musique selon d'autres points de vue.
Par exemple ?
Dans mon nouvel album (« Maana », ndlr ») il y'a des touches nouvelles ; j'y fais voir une autre facette musicale de Fallou Dieng. Par exemple, il y a deux morceaux que j'ai joués en acoustique. En réalité, ces titres (Xarnou bi et Serigne Bara) préfigurent mon option pour le futur. Il est vrai que l'on me surnomme le « chef d'état-major des ambianceurs » parce que l'ambiance fait partie de moi ; c'est une constituante de ma personnalité artistique. Mais Fallou grandit et sa musique doit grandir avec lui. Je ne vais quand même pas continuer à danser éternellement ! Présentement, je suis sur un album acoustique et sur une surprise que je réserve au public. Cela dit, mon nouvel opus comporte quatre titres, ce qui est inédit au Sénégal où la norme c'est huit titres. Des professionnels m'ont dit que cela ne marcherait pas, mais j'ai essayé en privilégiant la qualité du produit. Par ailleurs, je pense qu'actuellement le temps n'est plus à la production d'albums et des titres à n'en plus finir. Après dix-huit à dix-neuf albums, je me suis dis qu'il faudrait sortir des singles, se produire en duo et mettre l'accent sur la vidéo. C'est l'expérience que j'ai tenté avec « Maana » et je crois que cela a marché.
Une tournée promotionnelle fait généralement suite à la sortie d'un album. Où Fallou Dieng en est-il avec « Maana ? »
C'est vrai ce que vous dites, mais l'actualité n'est pas encore à une tournée étrangère même si des propositions viennent actuellement de partout. Pour l'instant, « Maana » est en train de faire sa propre promotion et il y a l'éventualité d'une tournée à l'intérieur du pays. Nous travaillons à cette tournée « Maana 2010 ». Mais avant, je rends grâce à Dieu pour l'accueil qui a été réservé à cet album et je remercie tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à sa réussite.
Quel effet cela vous fait d'entendre même les enfants chantonner le refrain de « Maana » ?
Cela me fait énormément plaisir. Les enfants ne font pas semblant, ils expriment ce qu'ils ressentent et, en ce qui concerne « Maana », je crois que c'est un titre qui leur parle directement. Beaucoup de gens me disent que leurs enfants reprennent les paroles de ce morceau et dansent à chaque fois qu'ils l'entendent. Cela me va vraiment droit au cà "ur.
Dans la chanson, l'on vous a entendu affirmer que « Maana » était un lutteur... Cette personne a réellement existé ou est-ce un produit de votre imagination ?
Cette personne n'est pas le fruit de mon imagination ; un jour, j'ai discuté avec un sage qui m'a dit que « Maana » était un lutteur doté d'une force extraordinaire ; il était très costaud et personne ne parvenait à le terrasser. Dans le fond, j'ai voulu mettre en évidence certaines valeurs comme le « diom » et le « courage », toutes choses qui ont tendance à disparaître. « Maana » est un morceau qui interpelle la conscience des Sénégalais sur la nécessité de se réincorporer certaines vertus fondatrices d'une personnalité authentique. Bref, avec ce titre, j'ai voulu fouetter l'orgueil des Sénégalais et contribuer à orienter leur esprit vers la conquête des possibles les meilleurs.
Fallou Dieng semble être doué dans l'art de créer ces « petites choses » et ces « petits mots » qui font tilt. Où l'artiste va-t-il puiser son inspiration ?
Le morceau « Maana » par exemple est venu comme ça, tout seul, naturellement. Il est né du simple feeling et de notre habitude à nous amuser sur scène. Cela dit, je suis tout le temps en contact avec les gens chez qui je cherche toujours un mot qu'elles ont l'habitude de prononcer sans qu'elles s'en rendent compte. Mon inspiration me vient généralement comme cela.
Envisagez-vous de faire, dans le cadre de votre carrière, des duos avec des artistes de renommée ?
Absolument, parce que j'ai décidé, désormais, de procéder autrement. La musique, c'est une stratégie et un concept. Et il faut, de ce point de vue, réfléchir à sortir de son ghetto, s'ouvrir, développer pleinement son potentiel artistique.
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