Cameroon Tribune (Yaoundé)
Monica Nkodo
3 Novembre 2009
Au-delà des exigences administratives, le respect de l'éthique et de la réglementation sont des sauf-conduits pour les médias audiovisuels.
La déontologie et l'éthique des médias restent une priorité pour la survie des médias audio- visuels privés. Selon le cahier des charges fixant les modalités de création et d'exploitation d'une entreprise de communication audiovisuelle, « les programmes de la rédaction doivent être préparés par des journalistes résidant au Cameroun. Ces programmes ne doivent pas porter atteinte à la cohésion nationale et aux bonnes moeurs, ou faire l'apologie de la violence et du sexe. » Pour le sous-directeur des médias audiovisuels et cybernétiques de la communication audiovisuelle, Sophie Ortence Ntsouala, « plusieurs médias de radio ou de télévision ont reçu des avertissements de la part du ministère de la Communication », afin de les impliquer un peu plus dans l'esprit de sensibilisation des publics.
Cette mesure, s'il elle n'est pas respectée, fait partie des nombreuses causes de fermeture d'un média audiovisuel. A l'article 4 de la section V dudit cahier de charges sur les obligations des acteurs, l'opérateur est soumis aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur. Tout manquement à ces dispositions est susceptible d'entraîner la suspension ou le retrait définitif de la licence délivrée dans l'exercice d'un média. Ceci par le Mincom qui a des fonctions de police en matière de régulation des médias. Plusieurs autres dispositions à ne pas enfreindre sont également prévues par le cahier de charges, signé par le média et le ministère de la Communication. L'opérateur doit s'engager dans l'exercice de son activité, au respect de l'intégrité du territoire, de la défense nationale, au maintien de la paix sociale et de l'ordre public.
Ainsi, selon Sophie Ortence Ntsouala, « des propos pouvant conduire aux émeutes, ou appelant au soulèvement populaire ne sont pas conseillés aux opérateurs de radio et de télévision. Encore moins la diffamation, ou des images mettant un être humain dans des situations compromettantes. » Compte tenu du fait que la plupart des médias audio-visuels camerounais bénéficient d'une tolérance administrative, car évoluant en général dans l'illégalité, les équipements de diffusion et de transport doivent être compatibles avec les normes en vigueur du pays, sous peine de suspension. La protection du droit d'auteur, le respect des normes d'urbanisme et de construction en vigueur au Cameroun, sont entre autres, quelques-unes des autres conditions à remplir pour ne pas renoncer un jour à son média.
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