Wal Fadjri (Dakar)
Mamadou Aliou Diallo
3 Novembre 2009
Le Secrétaire général des Nations Unies vient d'annoncer la composition de la Commission d'enquête internationale chargée de faire la lumière sur la sanglante répression du 28 septembre dernier, à Conakry. Elle comprend trois membres, tous des Africains, dont deux femmes. Elle sera dirigée par Mohamed Bédjaoui, un diplomate de carrière de nationalité algérienne.
Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, vient d'annoncer la composition de la Commission d'enquête internationale chargée de faire la lumière sur la sanglante répression du 28 septembre dernier à Conakry. Elle comprend trois membres, tous africains, dont deux femmes et un diplomate de carrière. Le choix porté sur ces femmes reconnues, du reste, à travers le monde, pour leur combat contre les violences faites aux femmes, n'est pas fortuit. Le patron de l'Onu entend, sans nul doute, mettre l'accent sur les viols odieux commis sur les femmes guinéennes lors de cette sanglante répression.
Cette Commission sera ainsi dirigée par Mohamed Bédjaoui (Algérie) qui est un diplomate de carrière et juriste de formation. Il a été ministre des Affaires étrangères, Ambassadeur algérien en France et représentant de son pays aux Nations Unies. Il a, également, été juge à la Cour internationale de justice et président de la plus haute juridiction algérienne, c'est-à-dire le Conseil constitutionnel. Madame Françoise Ngendahyo Kayiramirwa (Burundi) a été pour sa part, ministre de la Solidarité, des droits de l'Homme et du genre puis ministre pour le rapatriement et la réintégration des personnes déplacées au Burundi. Elle a également été Conseillère pour les questions liées au genre et à l'assistance aux victimes, au Tribunal pénal internationale sur le Rwanda. Madame Pramila Patten (Ile Maurice) est, quant à elle, membre du Comité des Nations Unies pour l'élimination des discriminations contre les femmes. Elle a publié beaucoup d'articles et livres sur les violences faites aux femmes et sur les droits des enfants. Elle est avocate de formation.
Les membres de cette commission se rendront très prochainement à New-York pour rencontrer le Secrétaire général de l'Onu. Ils partiront ensuite au siège du Haut Commissariat aux droits de l'Homme des Nations Unies, à Genève en Suisse avant d'entamer leur mission qui s'annonce, du reste, délicate en Guinée, selon un diplomate onusien.
La junte militaire au pouvoir en Guinée avait donné son accord de principe pour la mise en place d'une Commission d'enquête internationale. Elle nie les accusations de massacre de plus de 157 personnes au stade du 28 septembre à Conakry. Le chef de la junte, le Capitaine Moussa Dadis Camara accuse le Forum des Forces vives et la communauté internationale de vouloir renverser son régime. Le ministre du contrôle d'Etat, Alhassane Onipogui a déclaré pour sa part, que si Dadis Camara abandonne le pouvoir, il sera aussitôt remplacé par un autre militaire. Une manière de dire que l'avènement d'un gouvernement civil en Guinée, n'est certainement pas pour demain. A moins que les militaires, qui cherchent, à tout prix, à s'accrocher au pouvoir contre la volonté de leur peuple, soient contraints d'y renoncer.
La junte militaire a, par ailleurs, relâché vendredi les douze jeunes grévistes de la faim. Ces derniers avaient été arrêtés pour avoir cessés de s'alimenter, depuis mercredi dernier, pour protester contre la sanglante répression du 28 septembre dernier. Ils réclamaient aussi l'ouverture d'un dialogue franc et sincère entre le Forum des forces vives et la junte militaire au pouvoir, pour éviter de plonger la Guinée dans une guerre civile. Ces jeunes, issus des quatre régions naturelles du pays, avaient été tabassés et dépouillés de leur argent et de leurs téléphones portables par les militaires, durant leur détention. 'Ils nous ont emmenés dans un lieu où ils nous ont forcé à manger sous la menace de leurs armes', a déclaré Souleymane Baldé, un des grévistes, après leur libération.
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