Eric Elouga
3 Novembre 2009
Depuis deux semaines, les ménages de la capitale font face à l'irrégularité chronique des approvisionnements.
Une simple formalité, pensait Donatien O. résidant à la Cité-verte, lorsque sa bouteille de gaz Sctm le lâche ce samedi matin, en pleine cuisson d'un « Ndolè » aux crevettes. L'achat d'une nouvelle bonbonne va pourtant vite se transformer en un parcours du combattant. Le dépôt de gaz situé au centre commercial de la Cité-verte, pourtant l'un des mieux approvisionnés de la ville, n'a pas reçu de livraisons depuis plusieurs jours. Idem pour les quatre quincailleries du quartier, où l'on ne retrouve que quelques rares bouteilles Camgaz. Melen, Mokolo, Tsinga et même au centre ville, près de quatorze points de vente sont écumés sans succès par le jeune célibataire en quête de gaz. Finalement, le salut viendra du pont d'approvisionnement de Ngoa-Ekellé situé en contrebas du Cradat. Pas de bouteille de gaz Sctm là non plus, mais une possibilité d'échange avec Camgaz ou Afrigaz, qui sont les autres marques présentes. La transaction coûtera tout de même la bagatelle de 9.000 F. 6.500 F pour le gaz lui-même (pénurie oblige), et 2.500 F pour l'échange.
Au quartier Obili, ou même plus loin à Biyem-Assi, de nombreux ménages ont connu la même galère. « J'ai pratiquement fait le tour de la ville avec une bouteille de gaz vide chargée sur une moto. Et comme mon budget de transport allait bientôt dépasser celui du combustible lui-même, j'ai préféré rentrer bredouille », explique Sylvie Nemadeu. Elizabeth M. au quartier Emana, quant à elle, a pu trouver une bouteille, après trois jours de quête.
Car cette situation de pénurie que vit la ville de Yaoundé, est géographiquement variable. « Ce n'est pas que Sctm qui est concerné, explique même un quincaillier du marché Mokolo. Presque toutes les marques sont rationnées. Par exemple Camgaz devrait arriver chez moi d'ici 14 h. Alors que ma dernière livraison de Sctm qui a eu lieu il y a trois jours, s'est écoulée le même jour. Mais dans d'autres points de vente, il y a eu livraison hier, et il y en aura sans doute aujourd'hui. La vraie difficulté pour le client, c'est de savoir à quel endroit sera livré du gaz, et à quel moment. Surtout que les quantités sont réduites ».
Pour contourner ce problème, beaucoup ont simplifié leur quête en se rendant directement au grand dépôt de gaz de Mvan, qui est approvisionné par la Scdp. Jusqu'à hier encore, des rangs interminables étaient observés dans ce dépôt, au moment où la pénurie observe ses pics les plus élevés. Les approvisionnements reprennent certes peu à peu, mais les fréquences restent encore trop faibles pour faire face à l'énorme demande.
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