Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Joseph-Janvier Mvoto Obounou - « Il n'y a pas de chasse aux sorcières »

Propos recueillis par Hugues Marcel Tchoua

3 Novembre 2009


interview

Joseph-Janvier Mvoto Obounou, directeur du développement des médias privés et de la publicité au ministère de la Communication.

Quelle est à ce jour la situation administrative des différents opérateurs du secteur audiovisuel ?

En terme statistique, le paysage audiovisuel national est animé par une centaine de radios et une dizaine de télévisions, dont une chaîne publique en radio et une autre en télévision. Pour en venir au secteur privé qui vous préoccupe, seules quatre entreprises seulement, sont titulaires de licences. Ce sont : Canal 2, STV, Sweet FM et TV+.

Mais pourquoi les médias privés en règle et les autres sont-ils logés à la même enseigne et fonctionnent normalement au quotidien ?

Comment ça logés à la même enseigne ? Je dis bien qu'il y a quatre opérateurs qui sont en règle, avec des licences en bonne et due forme, qui leur offrent de nombreux avantages dont le moindre n'est pas la sérénité de leur existence dans la durée autorisée par leur licence. Je n'irai pas jusqu'à dire que les autres squattent, puisqu'ils sont tolérés, mais je puis affirmer que leur statut est essentiellement précaire.

La plupart des radios et télévisions étant en situation irrégulière, les fermetures de ces derniers temps ne sont elles pas à tête chercheuse ?

La tolérance administrative dont ces entreprises bénéficie ne me permet pas de dire qu'elles sont en situation irrégulière. Les pouvoirs publics reconnaissent leur existence, mais les invitent à se dépêcher pour se conformer au dispositif légal et réglementaire actuellement en vigueur. Dans ce contexte-là, il n'y a pas de chasse aux sorcières. Vous évoquez les dernières fermetures de radios. Je suis à l'aise pour vous rappeler ce que le ministre de la Communication, M. Issa Tchiroma Bakary, a déjà expliqué à tous, à savoir que « Démenti FM » était une radio pirate et que « Sky One Radio » s'était engagé dans un exercice professionnel attentatoire des canons universels du métier de journaliste, du code de déontologie des journalistes camerounais, du cahier de charges signé par son promoteur, etc

De manière générale, que prévoit la loi en termes de régulation ?

La loi prévoit que le ministre de la Communication dispose de pouvoirs de police spéciaux pour assurer le bon ordre dans le secteur de l'audiovisuel. A cet effet, il s'assure que les différents opérateurs travaillent conformément à l'armature juridique en vigueur ; qu'ils ne sapent pas la mystique de la paix sociale et de la cohésion nationale pour la marche inexorable vers le développement. A ce titre, il peut prendre des mesures conservatoires ; il est habilité à connaître des différends qui opposent des opérateurs.

Jusqu'à quand les pouvoirs publics vont-ils appliquer le principe de tolérance administrative ?

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Depuis la délivrance des premières licences, aucun opérateur n'est plus admis à entrer dans le secteur pour bénéficier du régime de la tolérance administrative. Il s'agissait d'une situation transitoire qui ne saurait donc perdurer. Mais vous conviendrez avec moi qu'on ne saurait, dans une démocratie en construction, se permettre le luxe de fermer du jour au lendemain une centaine de radios et de télévisions. Comme le souligne le ministre de la Communication lui-même, sa mission est entre autres d'aider ceux qui ont investi dans la communication à obtenir un juste retour de leur investissement. Mais cela doit se faire dans le respect des règles. Ceci, pour indiquer que pour le moment, la phase pédagogique se poursuit. Elle aura un terme, à coup sûr.

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