Cameroon Tribune (Yaoundé)
Charles Le Grand Tchagneno
3 Novembre 2009
Le groupe organise des ateliers au Ccf, en prélude au concours Coca-cola Slam Academy prévu dès février 2010.
Vendredi dernier, la salle de réunion du Centre culturel français (Ccf) de la capitale a fait son plein. Des jeunes, élèves et étudiants pour l'essentiel, sont venus assister à l'atelier de slam organisé par Laphraz-slam, groupe créé en 2005. Présents également à cette séance, le groupe C-Minair et l'artiste Bashiru, tous rappeurs de l'écurie Mapane Records. Au programme, des films documentaires sur des artistes slameurs. Ainsi, en projection grand écran, les participants regardent l'artiste Abd Al Malik, artiste slameur de la diaspora, faire son show dans une rue occidentale. Il allie à merveille, rythme et discours. Aborde une thématique très variée. Joue avec les mots. Puis s'arrête pour expliquer à l'assistance, avant de repartir de la plus belle. Pour lui, le slam « ça parle aux gens, ça parle des gens. On ne joue pas les personnages et il faut faire attention aux mots qu'on utilise. »
La deuxième partie de l'atelier est pratique. Il s'agit des travaux en groupe pour tester le niveau des formés, et les préparer à la mise en scène. Ebene, slam master's et fondateur de Laphraz-slam, répartit les participants en trois groupes. Ces derniers sont invités à choisir un thème et, sous la conduite du chef de groupe, se livrent à un exercice de composition libre qui va amener chaque membre à produire, au bout d'une quinzaine de minutes, un texte sur le thème choisi. Puis, c'est la restitution, sur fond musical, chaque slameur en herbe déclame son texte devant un jury. D'après Ebene, « le but est de réveiller l'instinct poétique qui somnole en chacun de nous. » Parce, nous serions tous des slameurs. C'est-à-dire, des poètes. Le slam, c'est « une version classique du rap et une forme évoluée de la poésie.» C'est la forme la plus émotive du rap, estime Ebene. Il rejoint ainsi Malik qui invite à écouter le slam pour savoir si l'on peut penser et danser en même temps.
Ces ateliers se déroulent tous les vendredis depuis deux mois. A partir de mercredi, des cours de slam seront organisés au Lycée Fustel de Coulanges à l'intention des élèves des établissements scolaires enregistrés. Les cinq meilleurs de chaque établissement participeront à la compétition Coca-cola Slam Academy qui débute en février prochain. Et qui s'achèvera le 31 mai 2010 avec la finale, la remise des prix aux gagnants et la présentation de l'album Coca-cola Slam Academy. Mais déjà, dès ce début de mois de novembre, Ebene présente au public le tout premier album slam d'Afrique centrale.
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