Fraternité (Cotonou)
Charles YANSUNNU
3 Novembre 2009
Le meeting que devait organiser l'Union pour la relève n'a pas eu lieu. Et en marge de cela, le coordonnateur de l'Upr à Bembèrèkè Sambo Mifoutaou Saliou a donné de la voix pour expliquer tout le processus qui a conduit à l'interdiction. Lire l'intégralité de sa déclaration.
Sambo Mifoutaou Saliou, Coord/Upr Bembèrèkè
"La seule issue que nous avons trouvée ici à Bembèrèkè est l'Upr. Après plusieurs concertations, la décision a été prise d'organiser un meeting à Bembèrèkè le 31 octobre 2009. Une lettre d'information a été déposée à la mairie le jeudi 20 octobre 2009. Parce que quand un parti politique veut tenir une activité politique, il n'a pas besoin d'autorisation. C'est plutôt une lettre d'information. Le secrétariat de la mairie a reçu la lettre et a posé son cachet sur une copie que mon militant tenait pour prouver que l'information a été reçue à la mairie. Après, mon militant s'est dirigé au commissariat pour faire tenir copie parce que c'est eux qui devaient assurer la sécurité. Le commissariat a reçu la lettre d'information et a posé le cachet reçu sur la lettre d'information que tenait mon militant pour prouver que le commissariat a reçu sa copie. Après, la même personne s'est dirigée vers la brigade de gendarmerie. Et c'est là que tout a commencé par foirer. Là, il s'est vu opposer un refus catégorique. Parce que les gendarmes ont refusé de prendre la lettre, ils ont refusé de notifier la tenue du meeting. Par conséquent, ils ne pouvaient pas apposer un cachet de signature sur la lettre. Il a donc fait demi tour. Les informations passant, le commissaire a envoyé ses agents pour lui reprendre la copie sur laquelle ils ont déjà apposé leur cachet pour confirmer qu'ils ont reçu la lettre de notification. Le militant, ne pouvant pas s'opposer a été obligé de lâcher la copie là".
Comment le piège anti-opposition a fonctionné
Des explications du coordonnateur Sambo, il apparaît clairement que le processus d'autorisation d'un meeting enclenché par l'Upr a été bloqué au niveau de la gendarmerie. L'on se rappelle que la gendarmerie de cette localité n'est pas à son premier acte. On se souvient qu'à l'occasion des dernières élections communales et locales, les amis d' en face avaient décidé d'aller aux élections sur une liste autre que celle de Fcbe. Mais certains militants ont été pour des raisons qu'on ne maîtrise pas encore, arrêtés et gardés à vue. Au point où, la seule liste confectionnée dans la localité de Bembèrèkè a été celle des Fcbe. Et voilà que sous une autre forme cela se répète. Même si cette fois -ci, personne n'a été arrêté, on se rend compte que la gendarmerie est mise à contribution pour bloquer de façon intelligente un meeting d'une force politique autre que les Fcbe. Insidieusement, ce qui a été refusé à la conférence des forces vives de la nation reprend de plus belle. D'abord, le Bénin a opté pour le multipartisme intégral mais l'on tente par des manipulations politiques d'imposer dans certaines localités le monolithisme. Les propos du ministre Nicaise Fagnon à Dassa sur lesquels, il est revenu pour s'expliquer en disent long. Ensuite, toujours à la conférence des forces vives de la nation, il a été décidé que l'Armée retourne dans les casernes et soit républicaine. Mais il est aisé de constater que les forces de l'ordre ou de défense semblent être utilisées pour servir une cause politique au détriment d'une autre. Ce qui ramène le Bénin en arrière en ce qui concerne le respect des libertés.
Enfin, personne n'est dupe au Bénin. La main d'oeuvre politique mise en branle pour empêcher l'Upr de tenir son meeting est ainsi dévoilée. Sinon, comment comprendre qu'il y ait deux manifestations au même endroit et à la même heure. C'est à la limite de la provocation de la part des militants Fcbe de Bembèrèkè. Car il y a bel et bien d'autres lieux où les Fcbe pourraient tenir leur activité politique. Apparemment, cela fait partie des méthodes des Fcbe puisqu'on se rappelle que la même chose a été faite à Glazoué. Ceci dénote d'une tentative de bâillonnement des libertés. Alors que si les libertés avaient été bâillonnées en empêchant la campagne contre la révision de la constitution, le régime actuel ne serait pas là. Mais les instigateurs de ces pratiques peu orthodoxes dans une démocratie ont oublié que la roue de l'histoire tourne.
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