Notre Voie (Abidjan)
Didier Keï
3 Novembre 2009
Le président de la Coordination nationale des victimes des déchets toxiques, Claude Gohourou, a révélé hier, au cours d'un point de presse à Cocody, que les avocats londoniens du cabinet Leigh Day and Co font circuler des tracts appelant les victimes des déchets toxiques à un soulèvement populaire.
"Depuis que nous avons fait mettre sous séquestre le compte bancaire d'indemnisation des victimes ouvert au nom de ces avocats, ils procèdent par des tracts pour soulever les victimes contre moi et les autorités judiciaires du pays. Je suis constamment menacé de mort. L'obstruction des voies sur la route d'Alépé par Djibi-village, les points de presse et les menaces de mort contre ma personne font partie de la campagne de ces avocats. Or, c'est un combat pour l'éthique et la transparence que nous menons", a indiqué Claude Gohourou pour qui l'indemnité de 750 mille FCFA par victime n'est pas la somme devant être perçue.
"C'est au minimum 2 millions F ques les victimes doivent percevoir individuellement. Certaines victimes ont reçu 1,5 million F. Et à une semaine du processus de paiement, près de 1500 noms ont disparu de la liste et M. Martyn Day du cabinet d'avocats nous dit que ce sont des dossiers répétés mais déjà payés par Trafigura. Il nous faut la copie du protocole d'accord entre ces avocats et Trafigura et la mise en place d'une commission de gestion de ces fonds", a déclaré Claude Gohourou qui ne comprend pas pourquoi ces avocats se barricadent derrière la confidentialité dudit protocole d'accord. Il a appelé les victimes à la lucidité. Il a ajouté que le compte bancaire sera débloqué pour le paiement de sommes plus consistances. D'ailleurs, une audience pour délibérer sur la main levée ou non du compte bancaire de dédommagement a lieu aujourd'hui. Claude Gohourou a révélé que deux journaux londoniens ont été assignés en justice par le cabinet Leigh Day and Co pour avoir révélé que des victimes ivoiriennes ont signé des documents faisant état de ce qu'il n'y aurait pas eu de décès des suites de l'inhalation des déchets toxiques.
Les travailleurs de Vridi, victimes des déchets toxiques, ont réclamé quant à eux dimanche dernier, au cours d'une conférence de presse sur leur site, la poursuite du paiement des 750 mille F. Tout en exprimant leur vive colère contre Claude Gohourou accusé de vouloir leur arracher le pain à la bouche, ils ont soutenu ne pas se reconnaître dans l'action judiciaire menée par celui-ci. "Nous jugeons cette requête scandaleuse et inacceptable. Le collectif des travailleurs de Vridi n'a jamais mandaté un président d'une quelconque association à agir en son nom et ne lui a pas demandé de transférer l'indemnisation de ces victimes dans un autre compte bancaire", a protesté Joachim Gueo, vice-président dudit collectif. En clair pour eux, les 750 mille F d'abord et les comptes à demander aux avocats anglais sur les vraies sommes à percevoir après.
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